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	<title>Sciences de l'éducation - étudiants</title>
	<link>http://etudiants.scienceducation.info/</link>
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	<language>fr</language>

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		<title>Sciences de l'éducation - étudiants</title>
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		<link>http://etudiants.scienceducation.info/</link>
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		<item>
		<title>Quels sont les types de documents publiés sur ce site ?</title>
		<link>http://etudiants.scienceducation.info/Quels-sont-les-types-de-documents.html</link>
		<date>2005-11-03 22:50:33</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/IMG/arton183.png&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;64&quot; height=&quot;64&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Les ressources documentaires publiées sur ce site sont des travaux réalisés par des étudiants en sciences de l'éducation à l'université Paris 5 - René Descartes. Il s'agit essentiellement des &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;notes de cours&lt;/strong&gt;, de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;notes de lectures&lt;/strong&gt;, et de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;travaux de recherche&lt;/strong&gt;. Les trois types de documents peuvent s'articuler, et la distinction s'estomper, mais cette typologie a été retenue pour &quot;indexer&quot; les documents : la page de &lt;a href=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/mot.php&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;navigation par mots-clés&lt;/a&gt; permet de distinguer et de classer ces différents types de documents.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le publication de chacun de ces documents doit répondre à certaines exigences.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le contenu des &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;notes de lecture&lt;/strong&gt; est de la seule responsabilité de l'étudiant rédacteur, mais il faut veiller à respecter le &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_d%27auteur&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;droit d'auteur&lt;/a&gt; qui &quot;protège&quot; les oeuvres faisant l'objet de ces notes de lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La publication des &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;notes de cours&lt;/strong&gt; pose plus de problèmes : ces documents sont le résultat d'un double travail : le travail de l'enseignant chercheur d'une part, et celui de l'étudiant d'autre part. L'étudiant rédacteur devra veiller, avant de publier ses notes de cours, à ce que l'enseignant-chercheur accepte qu'une telle retranscription subjective de son propre travail soit publiée. En attendant une discussion entre les étudiants et les enseignants-chercheurs sur l'opportunité de publier ces notes de cours, on peut admettre que l'accord de l'enseignant concerné soit suffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut, ici, préciser que seul l'étudiant est responsable du contenu de ces notes de cours, qui ne doivent pas être considérées comme une retranscription fidèle de l'enseignement. Lire les &lt;a href=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/Avertissements.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;avertissements&lt;/a&gt; pour en savoir plus.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;travaux de recherche&lt;/strong&gt; ou les mémoires occupent une place particulière dans la production intellectuelle des étudiants. Dans ces travaux s'actualise un ensemble de savoirs d'origines diverses : lectures, connaissances et savoirs-faire acquis en cours, enquêtes, analyses de données, etc. Ils font, la plupart du temps, l'objet d'une évaluation par un jury universitaire. Le cas échénant, il serait préférable que le jury donne son accord avant que ces mémoires ne soient publiés.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Sylvain Bellégo</author>
		<dc:date>2005-11-03T21:50:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvain Bellégo</dc:creator>
		

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		<title>Qui peut publier sur ce site ?</title>
		<link>http://etudiants.scienceducation.info/Qui-peut-publier-sur-ce-site.html</link>
		<date>2005-11-03 20:45:46</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/IMG/arton182.png&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;64&quot; height=&quot;64&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Ce site a été créé pour permettre aux &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;étudiants de sciences de l'éducation&lt;/strong&gt; de l'université &lt;a href=&quot;http://www.univ-paris5.fr&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Paris 5 - René Descartes&lt;/a&gt; de partager les documents qu'ils produisent lors de leurs études avec d'autres étudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour le moment, seuls les &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;étudiants de Paris 5&lt;/strong&gt; peuvent publier du contenu sur ce site, et assurer le travail de modération. Le projet sous-tendant la création de ce site est cependant très récent, et on peut envisager d'ouvrir plus largement cet espace. Des &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;enseignants-chercheurs&lt;/strong&gt; pourraient, s'il le souhaitent, participer au travail de modération, ou proposer des contributions. Un espace pourrait être aménagé pour la publication de travaux d'&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;étudiants d'autres universités&lt;/strong&gt;. Il est également envisageable d'ouvrir un espace destiné aux &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;enseignants du primaire ou du secondaire&lt;/strong&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tous les &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;étudiants à Paris 5&lt;/strong&gt; sont donc cordialement invités à proposer les documents rédigés lors de leurs études.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un &quot;forum&quot; de discussion est associé à chacun des articles publiés. Tous les &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;visiteurs&lt;/strong&gt; sont invités à &quot;répondre aux articles&quot;, pour en critiquer, en approuver, en contester, et en compléter le contenu.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Sylvain Bellégo</author>
		<dc:date>2005-11-03T19:45:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvain Bellégo</dc:creator>
		

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		<title>Contrats de licence</title>
		<link>http://etudiants.scienceducation.info/Mentions-legales.html</link>
		<date>2005-10-07 12:41:50</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/IMG/arton151.png&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;64&quot; height=&quot;64&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tous les documents publiés dans la rubrique intitulée Sciences de l'éducation sont placés sous licence Creative Commons de type &quot;by-nc-sa&quot; [&lt;a href=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[1] sauf mention contraire : cas des images dans le domaine (...)&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]. L'auteur d'un document (oeuvre) de type &quot;article&quot; est indiqué dans l'en-tête du document [&lt;a href=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/#nb2&quot; name=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[2] sauf mention contraire : cas des documents sous licence de type (...)&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]. L'auteur d'un document (oeuvre) de type &quot;brève&quot; est l'administrateur du site, Sylvain Bellégo.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; Vous devez citer le nom de l'auteur original.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; Vous n'avez pas le droit d'utiliser cette création à des fins commerciales.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; Si vous modifiez, transformez ou adaptez cette création, vous n'avez le droit de distribuer la création qui en résulte que sous un contrat identique à celui-ci.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; voir le &lt;a href=&quot;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/fr/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;résumé explicatif du contrat Creative Commons&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; voir &lt;a href=&quot;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/fr/legalcode&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;code juridique (version intégrale du contrat) Creative Commons&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author>Sylvain Bellégo</author>
		<dc:date>2005-10-07T10:41:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvain Bellégo</dc:creator>
		

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		<title>Avertissements</title>
		<link>http://etudiants.scienceducation.info/Avertissements.html</link>
		<date>2005-10-07 12:16:14</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/IMG/arton150.png&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;64&quot; height=&quot;64&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Les documents publiés sur ce site sont protégés par une licence de type Ceative Commons, qui impose notamment aux utilisateurs de ces documents de citer la source et l'auteur des documents utilisés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'usage de ces documents dans un contexte universitaire doit respecter les règlements relatifs à la fraude. Les étudiants qui utiliseraient les documents publiés sur ce site en infraction avec les termes des règlements en vigueur dans leur université seront considérés comme seuls responsables des fraudes éventuelles.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Avertissements concernant l'ensemble des documents publiés dans cette rubrique&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le contenu des documents publiés dans cette rubrique et dans l'ensemble des rubriques associées n'engage que les étudiants rédacteurs et les administrateurs responsables de la modération.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'agit de travaux réalisés dans le cadre d'enseignements universitaires, travaux qui peuvent font l'objet d'une évaluation. Les note, les appréciations et les commentaires sanctionnant ces travaux ne figurent pas sur ce site.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les visiteurs doivent donc être conscients que la conformité de ces travaux avec les normes d'évaluation en vigueur à l'université n'est pas garantie, et peut varier d'un travail à un autre.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Du bon usage des notes de lecture&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les notes de lecture publiées sur ce site ne prétendent pas nécessairement rendre compte fidèlement du ou des ouvrages concernés : d'une part, elle ne portent pas systématiquement sur l'ensemble de l'ouvrage ; d'autre part, elles exposent le point de vue de l'édudiant rédacteur, et ne doivent pas être considérées comme un exposé objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La lecture de ces notes peut permettre de connaître les &quot;grandes lignes&quot; du texte original et le point de vue de l'étudiant rédacteur. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Elle ne peut en aucun cas se substituer à une lecture du document original.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Du bon usage des notes de cours&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les notes de cours publiées sur ce site n'ont pas vocation à rendre compte objectivement du contenu des enseignements concernés. Il s'agit de textes rédigés par les étudiants ayant suivi les enseignement concernés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces textes reflètent la façon dont les étudiants ont perçu l'enseignement : ils dépendent donc des pré-notions de l'étudiant, de son expérience, de la façon dont il rend compte par écrit d'un enseignement oral, des choix qu'il opère lors de la synthèse de l'enseignement, etc. Ils peuvent s'appuyer explicitement ou implicitement sur des documents liés à l'enseignement : articles de périodiques, ouvrages ou chapitres d'ouvrage, articles d'encyclopédies, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La lecture de ces notes ne peut en aucun cas se substituer à la fréquentation des cours et/ou des TD concernés.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author>Sylvain Bellégo</author>
		<dc:date>2005-10-07T10:16:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvain Bellégo</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>1. La sociologie : objet et démarches spécifiques</title>
		<link>http://etudiants.scienceducation.info/1-La-sociologie-objet-et-demarches.html</link>
		<date>2005-09-27 14:39:11</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
On peut considérer Emile Durheim [&lt;a href=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/#nb3&quot; name=&quot;nh3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[3] Cf. annexe 1 - Emile Durkheim.&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] comme le fondateur de la sociologie de l'éducation. Né an 1858, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure et agrégé de philosophie (au même titre que Pierre Bourdieu ou Christian Baudelot), il a été professeur en lycée avant d'enseigner les sciences de l'éducation à l'université de Bordeau. Il occupe ensuite la chaire de sciences de l'éducation à la Sorbonne (alors seule université parisiennne), à partir de 1902. Ses cours sont réunis dans deux ouvrages : Education morale [&lt;a href=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/#nb4&quot; name=&quot;nh4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[4] DURKHEIM Emile. L'éducation morale. Paris, Presses Universitaires (...)&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] (enseignement pour les certifiés) et L'évolution pédagogique en France [&lt;a href=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/#nb5&quot; name=&quot;nh5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[5] DURKHEIM Emile. L'évolution pédagogique en France. Paris, Presses (...)&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] (enseignement pour les aggrégés).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le terme sociologie a quant à lui été créé par Auguste Comte [&lt;a href=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/#nb6&quot; name=&quot;nh6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[6] Cf. annexe 2 - Auguste Comte.&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] (1788-1857) pour englober les sciences ayant pour objet le genre humain (histoire, psychologie, économie, etc.). Il avait dans un premier temps proposer le terme de « physique sociale ». selon lui, l'observation des faits est le seul moyen de dévoiler scientifiquement des réalités sociologiques. Il ajoute qu'il est nécessaire d'observer ces faits avec impartialité. Le chercheur doit donc s'efforcer de considérer froidement l'ensemble des comportements qu'il étudie, surtout lorsque son idéologie l'incite à les critiquer. Auguste Comte attribut comme tâche à la sociologie la mise en relation de plusieurs fait observés, et la description des liens de causalité entre ces faits. Dans cet esprit, Emile Durkheim propose une méthode scientifique dans Les règles de la méthode sociologique [&lt;a href=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/#nb7&quot; name=&quot;nh7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[7] DURKHEIM Emile. L'évolution pédagogique en France. Paris, Flammarion (...)&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« On est si peu habitué à traiter les faits sociaux scientifiquement que certaines des propositions contenues dans cet ouvrage risquent de surprendre le lecteur. Cependant, s'il existe une science des sociétés, il faut bien s'attendre à ce qu'elle ne consiste pas dans une simple paraphrase des préjugés traditionnels, mais nous fasse voir les choses autrement qu'elles n'apparais­sent au vulgaire ; car l'objet de toute science est de faire des découvertes et toute découverte déconcerte plus ou moins les opinions reçues. A moins donc qu'on ne prête au sens commun, en sociologie, une autorité qu'il n'a plus depuis longtemps dans les autres sciences - et on ne voit pas d'où elle pourrait lui venir - il faut que le savant prenne résolument son parti de ne pas se laisser intimider par les résultats auxquels aboutissent ses recherches, si elles ont été méthodiquement conduites. Si chercher le paradoxe est d'un sophiste, le fuir, quand il est imposé par les faits, est d'un esprit sans courage ou sans foi dans la science. »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Emile Durkheim, Préface à la première édition de Les règles de la méthode sociologique (1894).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. Le fait social&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour caractériser un fait social, Emile Durkheim procède par élimination : il observe de nombreux faits humains, mais montrer que certains de sont pas des faits sociaux. Ainsi, se nourrir n'est pas un fait social : il s'agit d'une nécessité organique dont l'étude relève d'autres disciplines que la sociologie. En revanche, les habitudes culinaires constituent un fait social.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Emile Durkheim différencie clairement les faits dont l'étude relève la sociologie de ceux qui concernent la psychologie : l'intelligence humaine, les processus cognitifs et la langage en tant que faculté humaine appartiennent au champ disciplinaire de la psychologie, tandis que les facteurs sociaux qui concernent les processus d'apprentissage, la formation de la pensée, et la langue intéressent les sociologues.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Sylvain Bellégo</author>
		<dc:date>2005-09-27T12:39:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvain Bellégo</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Introduction</title>
		<link>http://etudiants.scienceducation.info/Introduction,129.html</link>
		<date>2005-09-27 14:36:05</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Dans le cadre de cet enseignement, nous nous intéresserons aux personnels de l'enseignement, c'est à dire à des salariés dont les fonctions, les conditions de travail, les droits, les devoirs, la protection sociale et professionnelle, etc. sont définis par un statut. La plupart des personnels de l'enseignement, qu'ils travaillent dans les établissement publics ou dans les établissements privés, sont recrutés par le ministère de l'Education nationale, qui est chargé de contrôler et d'organiser l'offre de formation publique... et privée. L'enseignement privé le plus répandu est en effet l'enseignement « sous contrat » avec le ministère de l'éducation nationale, financé par l'argent public mais partiellement controllé par l'Etat. A ce sujet, Emile Durkheim défend l'existence de l'école privée, à condition qu'elle soit controlée. Mais si les personnels de l'enseignement public sont recrutés nationalement et répartis dans les établissements selon les besoins, les personnels de l'enseignement privé sont recrutés localement, directement par les chefs d'établissement [&lt;a href=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/#nb8&quot; name=&quot;nh8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[8] Au sujet des rapports entre l'enseignement public et (...)&quot;&gt;8&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certains personnels sont titulaires, d'autres auxiliaires. Bien qu'il soit tentant de parler d'une différence de « statut » entre ces deux catégories de salariés, les personnels ne bénéficient pas d'un véritable statut : ils ne disposent pas de la protection accordée par titulaires. Et c'est justement le statut de ces titulaires qui est critiqué par les représentations dominantes sur les « fonctionnaires », associés aux idées de privilège, à la sécurité de l'emploi, aux liens avec le pouvoir exécutif... [&lt;a href=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/#nb9&quot; name=&quot;nh9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[9] Lire : ROUBAN Luc. La fonction publique. Paris, La Découverte (repères) : (...)&quot;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le sociologue s'intéresse aux caractéristiques sociales et professionnelles de ces personnels, et la façon dont elles sont déterminées par (ou dont elles déterminent) la position occupée dans la hiérarchie, les fonctions, etc. Ainsi, les professions dont les fonctions supposent une forte mobilité (les routiers, par exemple) sont très masculines : il existe alors un lien entre la fonction et les caractéristiques sociales des salariés. Parmi les nombreux facteurs à prendre ne compte dans l'étude des personnels de l'éducation, le mode de recrutement ou la localisation des établissement peuvent être intéressants, en ce qu'ils influencent les caractéristiques sociales des enseignants. Les évolutions des appelations utilisées pour désigner les divers catégories de personnels enseignants peut également fait l'objet d'études sociologiques. Ainsi, le fait de renommer les surveillants généraux en consiellers principaux d'éducation indique une évolution du rapport à la discipline dans les établissements scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous nous demanderons si les personnels de l'éducation exercent réellement une « profession », au même titre que, par exemple, les personnels des professions libérales. Et qu'en est-il de la différence entre profession et métier ? Quelle est l'influence exercée par les évolutions du système scolaire sur les fonctions de ces personnels, et sur leurs caractéristiques sociales ?&lt;/p&gt;</description>
		<author>Sylvain Bellégo</author>
		<dc:date>2005-09-27T12:36:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvain Bellégo</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>De la colonisation à l'impérialisme. La France et ses colonies</title>
		<link>http://etudiants.scienceducation.info/De-la-colonisation-a-l.html</link>
		<date>2005-09-27 08:58:17</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les dates officiellement retenues pour l'étude de la colonisation correspondent à la période de colonisation algrienne, à laquelle est rapportée l'ensemble de l'histoire coloniale française : en 1830, les troupes françaises prennent Alger, pour quitter la colonie en 1962.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. Quelques éléments d'histoire coloniale&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1.1. Justification de la périodisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous nous intéresserons essentiellement à la colonisation sous la IIIème République (1871-1945). Dans un premier temps, il convient de définir les notions de colonisation et d'impérialisme.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;1.1.a. Colonisation&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le terme de colonisation date de la République romaine. La colonia désigne alors un ensemble de citoyens envoyés par le pouvoir central romain pour peupler un territoire désert ou conquis sur ses premiers occupants. Par ailleurs, le statut juridique de ces colonia prévoit une autonomie municipale, mais précise que ses citoyens restent subordonnés politiquement à Rome, la cité mère.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le terme de colonie est à nouveau utilisé au XVIIème siècle, pour désigner à la fois l'installation des colons (le processus) et le domaine colonisé (le résultat). Plusieurs termes permettent de décliner les diverses formes de colonies existantes :&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; plantation (aux Antilles, en Amérique du nord...)&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; établissement (aux Indes)&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; comptoir (en Afrique)&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; ...&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au XIXème siècle, il n'existe plus de territoires déserts, bien que l'Angleterre considère l'Australie, dès le XVIIIème siècle, comme une Terra Nullus (terre vierge), au motif que les Aborigènes sont nomades et que la terre ne leur appartient pas. En revanche, bien que les puissances coloniales n'évoquent pas toujours explicitement la relation de dépendance des colonies avec les métropoles, cet état de dépendance apparaît lors des décolonisations : les pays décolonisés sont en effets qualifiés de nouvellement indépendants, ce qui suppose une dépendance antérieure. Ainsi, en 1828, l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique réintroduit la dimension de subordination dans le sens du terme colonie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au XIXème siècle, on distingue deux types de colonies :&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; les vrais colonies : colonies de peuplement blanches sous des climats tempérés (Amérique du nord, Australie, Nouvelle Calédonie...)&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; les simples colonies : colonies que les blancs, largement minoritaires, ecploitent au profit de la métropole&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A la fin du XIXème siècle, l'impérialisme impose un changement de vocabulaire. On distingue :&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; les colonies de peuplement, qui reposent sur la volonté de remplacer progressivement et définitivement les indigènes par des colons (la Nouvelle-Calédonie et l'Algérie sont les seules colonies françaises de ce type)&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; les colonies d'encadrement, ou « colonies d'exploitation » (terme officiel)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Après la seconde guerre mondiale, le terme de colonie, trop associé à la dépendance et à la soumission, disparait. A ce titre, le discours de Charles De Gaule lors de la conférence de Brazzaville 1944 (conférence qui prévoit d'établir de nouvelles relations entre la métropole et les colonies, et jette les bases de l'Union Française), est un moment mythique dans l'histoire coloniale française. Deux ans plus tard, les termes d'empire et de colonie sont banis de la constitution élaborée pour la Cinquième République, et l' « empire colonial français » devient l' « union française ».&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;1.1.b. Impérialisme&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le mot impérialisme est fortement connoté politiquement. La plupart du temps, il est utilisé par ceux qui critiquent la domination de certaine puissances occidentales sur d'autres peuples, généralement suivant une analyse marxiste. On parle à ce titre d'impérialisme américain pour expliquer les guerres menées par les Etats-Unis depuis les années 90.
Définition retenue pour l'impérialisme : politique d'un Etat visant à réduire d'autres Etats sous sa dépendance politique, économique ou militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La phase impériale du capitalisme français est associée au développement de la Troisième République, et prend fin alors que l'idée coloniale atteint son apogée. Selon Raoul Giradet [&lt;a href=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/#nb10&quot; name=&quot;nh10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[10] cf. Raoul Girardet. L'idée coloniale en France. Paris, 1991, (...)&quot;&gt;10&lt;/a&gt;], l'opinion française n'a jamais été favorable à l'impérialisme, sauf dans les dernières années de la colonisation, au moment des gerres d'indépendance.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1914, l'empire français atteint une taille égale à vingt fois la superficie de la métropole (11 millions de km2). Par la suite, après la première guerre mondiale, la Société des Nations accorde de nouveaux mandats à la France, dont l'empire s'étend encore sur les anciennes possessions des vaincus. Entre 1870 et 1914, la taille de l'Empire Français a ainsi été multiplié par 10, grâce à l'acquisition de nouveaux territoires en Afrique sub-saharienne et en Indochine.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1.2. Chronologie de la colonisation française&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En école élémentaire, l'enseignement situe le début de la colonisation autour de 1534, date de l'expédition de Jacques Cartier à Terre-Neuve. Entamé plus de trois siècles avant la création de la Troisième République, le processus de colonisation se développe suivant un mouvement dicontinu durant quatre siècles. Ainsi, la France se fait confisquer à deux reprises ses possessions à la suite de défaites militaires :&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; à la fin du seizième siècle, les colonies françaises sont confisquées au profit de l'Espagne et du Portugal,&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; à la fin du dix-huitième siècle, la défaite napoléonienne permet à l'Angleterre de s'approprier une partie des colonies françaises, en particulier en Amérique du nord.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A partir de 1830, l'expansion coloniale française connaît une nouvelle croissance, suivant un mouvement continu, sans nouveau recul. Ces discontinuités permettent de distinguer deux phases, la première du seizième siècle à 1830, et la seconde de 1830 à 1962.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;1.2.a. Première phase de la colonisation française :&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class='spip_documents spip_documents_' style='float: ; width: 189px;'&gt;&lt;a href='http://etudiants.scienceducation.info/IMG/jpg/tab.jpg'&gt;&lt;img src='http://etudiants.scienceducation.info/IMG/vignettes/tab.jpg-s.jpg' width='189' height='200' style='border-width: 0px;' alt=&quot;JPG - 105 ko&quot; title=&quot;JPG - 105 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Tableau 1&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;source : documents diffusés par Marie Salaün dans le cadre du cours de M1-Sciences de l'Education, éducation et colonisation - Semestre 1 (Université Paris 5).&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Durant la permière phase de colonisation, les possessions françaises sont essentiellement des colonies d'exploitation, excepté celle du Québec. Souvent, on ne compte que quelques familles installées dans des comptoirs.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;1.2.b. Seconde phase de la colonisation française :&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Après la défaite de Napoléon, la France abandonne tout espoir de victoire militaire et de conquête sur le territoire européen. Si elle veut garder son rang de grande puissance, elle doit donc s'étendre dans les colonies, qui deviennent un enjeu fondamental dans la lutte que se livrent les puissances européennes. Les colonies deviennent une nécessité vitale pour les intérêts des classes dirigeantes françaises.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_' style='float: ; width: 179px;'&gt;&lt;a href='http://etudiants.scienceducation.info/IMG/jpg/tab-2.jpg'&gt;&lt;img src='http://etudiants.scienceducation.info/IMG/vignettes/tab-2.jpg-s.jpg' width='179' height='200' style='border-width: 0px;' alt=&quot;JPG - 90.4 ko&quot; title=&quot;JPG - 90.4 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Tableau 2 - tableau 2- Chronologie de la phase 2 de la colonisation française&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;source : documents diffusés par Marie Salaün dans le cadre du cours de M1-Sciences de l'Education, éducation et colonisation - Semestre 1 (Université Paris 5).&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;1.2.c. Différences entre la première et la seconde phase (colonisation française)&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class='spip_documents spip_documents_' style='float: ; width: 200px;'&gt;&lt;a href='http://etudiants.scienceducation.info/IMG/jpg/tab-3.jpg'&gt;&lt;img src='http://etudiants.scienceducation.info/IMG/vignettes/tab-3.jpg-s.jpg' width='200' height='137' style='border-width: 0px;' alt=&quot;JPG - 117.6 ko&quot; title=&quot;JPG - 117.6 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;tableau 3 - principales caractéristiques des deux phases de colonisation&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_documents spip_documents_' style='float: ; width: 200px;'&gt;&lt;a href='http://etudiants.scienceducation.info/IMG/png/French_colonial_empire.png'&gt;&lt;img src='http://etudiants.scienceducation.info/IMG/vignettes/French_colonial_empire.png-s.png' width='200' height='93' style='border-width: 0px;' alt=&quot;PNG - 33 ko&quot; title=&quot;PNG - 33 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;illustration 1 - empire colonial français&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
An approximate map showing the maximum extent of French colonial possessions. Québec and Louisiana were bordered by hand, so do feel free to improve upon their accuracy. Note that these posessions were never all held at the same time.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Licence : Vous avez la permission de copier, distribuer et/ou modifier ce document selon les termes de la Licence de documentation libre GNU, version 1.2 ou plus récente publiée par la Free Software Foundation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_documents spip_documents_' style='float: ; width: 200px;'&gt;&lt;a href='http://etudiants.scienceducation.info/IMG/png/Carte_colonisation.png'&gt;&lt;img src='http://etudiants.scienceducation.info/IMG/vignettes/Carte_colonisation.png-s.png' width='200' height='183' style='border-width: 0px;' alt=&quot;PNG - 216 ko&quot; title=&quot;PNG - 216 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;illustration 2 - Carte des empires coloniaux&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Licence : Vous avez la permission de copier, distribuer et/ou modifier ce document selon les termes de la Licence de documentation libre GNU, version 1.2 ou plus récente publiée par la Free Software Foundation.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2. L'idée coloniale&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2.1. Les motifs du fait colonial : l'or, le Christ et les soucis domestiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un des motifs principaux de l'extension des colonies françaises est la recherche du profit. selon les arguments de ce type avancés pour justifier la colonisation, tout le monde y gagne : la métropole, évidemment, mais également les populations « barbares » ou « indigènes » [&lt;a href=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/#nb11&quot; name=&quot;nh11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[11] Les populations sont qualifiées d'indigènes quand leur degré de (...)&quot;&gt;11&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une autre raison évoquée pour défendre la colonisation est la nécessité d'apporter le salut chrétien et les bienfaits du progrès aux populations indigènes (alibi philanthropique). Les premiers à arriver sur les lieux d'une colonie sont les missionnaires. Colons d' « avant-garde », ils se transforment facilement en martyrs, ce qui permet de justifier par la suite les expéditions militaires et la « pacification » des territoires colonisés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La métropole utilise également ses colonies pour résoudres ses « soucis domestiques », suivant une stratégie de diversion :&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; La colonisation occupe les militaires, qui pourraient devenir dangereux s'ils n'avaient pas de mission à remplir hors de la métropole. En conséquence, se développe une phantasmagorie autour de l'héroïsme des militaires français : tableaux, poèmes, chansons, etc. Alors que l'armée française risque d'être discréditée par ses défaites en Europe, les victoires dans le Sahara sont les bienvenues. Cependant, la réalité du terrain n'a rien à voir avec l'idée de la guerre coloniale telle qu'elle domine la métropole : le code militaire, qui prévalait lors des conflits européens, n'est pas adapté aux guerres de conquête coloniales, et après quelques mauvaises surprises, les stratèges n'hésitent pas à utiliser tous les moyens pour réduire la résistance indigène.&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; La perspective de s'installer dans les colonies permet de donner de l'espoir aux paysans et aux prolétaires de métropole qui, sans celà, risquent de se soulever contre un ordre social responsable de leur misère.&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; Le peuplement de certaines colonies permet de purger la société française de ses « mauvais éléments ». Les opposants politiques, des insurgés de la Commune de Paris aux insurgés de la révolte kabyle, les condamnés de droit commun et les prostituées sont ainsi expulsés hors de la métropole. Les colonies constituent ainsi l'exutoire des sociétés modernes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class='spip_documents spip_documents_' style='float: ; width: 200px;'&gt;&lt;a href='http://etudiants.scienceducation.info/IMG/jpg/Dellepiane-exposition-nationale-coloniale-1906.jpg'&gt;&lt;img src='http://etudiants.scienceducation.info/IMG/vignettes/Dellepiane-exposition-nationale-coloniale-1906.jpg-s.jpg' width='200' height='142' style='border-width: 0px;' alt=&quot;JPG - 59.4 ko&quot; title=&quot;JPG - 59.4 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;illustration 3 - Affiche de l'exposition coloniale de 1906&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Licence : cette oeuvre fait partie du domaine public (droits expirés)&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_documents spip_documents_' style='float: ; width: 130px;'&gt;&lt;a href='http://etudiants.scienceducation.info/IMG/jpg/Expo_coloniale_1906.jpg'&gt;&lt;img src='http://etudiants.scienceducation.info/IMG/vignettes/Expo_coloniale_1906.jpg-s.jpg' width='130' height='200' style='border-width: 0px;' alt=&quot;JPG - 416.3 ko&quot; title=&quot;JPG - 416.3 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;illustration 1 - Affiche de l'exposition coloniale de 1906&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Carte postale de 1906 montrant la tour de l'Annam construite pour l'exposition coloniale. photo prise par E. Lacour.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Licence : cette oeuvre fait partie du domaine public (droits expirés)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Durant la seconde phase de colonisation, les trois idées (l'or, le Christ, et les soucis domestiques), sont souvent antagonistes. Il est ainsi difficile d'expliquer que la colonisation vise à aider les indigènes alors qu'ils travaillent à mort pour l'économie française. Il est donc nécessaire de présenter à la population métropolitaine une idéologie coloniale cohérente, pour légitimer la colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour réaliser cet objectif, trois expositions coloniales sont organisées en France : à Marseille, en 1906 puis en 1922, et à Paris en 1931. Dans une métropole peuplée alors de 32 millions de personnes, l'exposition de 1931 accumule au bois de Vincennes 34 millions d'entrées en deux ans, pour 7 millions de visiteurs. Il s'agit d'une manifestation organisée à la façon d'un parc d'attraction moderne, autour de reconstitutions de monuments et de scènes exotiques jouées par des indigènes déportés des colonies. Dans l'espace réduit du parc de Vincennes, les métropolitains peuvent ainsi traverser l'ensemble de l'empire colonial français.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une des « attractions » souvent attribuées à l'exposition coloniale est la présentatation des 114 « Canaques mangeurs d'hommes venus de leurs ïles lointaines » (Nouvelle Calédonie), nus et en cage. Or, cette « attraction » » est organisée en marge de l'exposition, dans le jardin d'acclimatation de Boulogne. Le thème des « sauvages non civilisés » n'est pas en phase avec ce que les organisateurs de l'exposition coloniale souhaitent montrer des colonies : les visiteurs ne doivent pas penser que, malgré plusieurs décennies « d'éducation » dispensée aux indigènes, certains auraient pu conserver leur culture « barbare » [&lt;a href=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/#nb12&quot; name=&quot;nh12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[12] Lire à ce sujet : DOPHINE Joël. Canaques de la Nouvelle Calédonie à Paris en (...)&quot;&gt;12&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'écho rencontré par l'exposition de 1931 ne doit cependant pas masquer le désintérêt éprouvé par des français à l'égard des colonies durant la Troisième République. L'opinion publique ne s'est intéressée à la colonisation que tardivement, au moment où les luttes pour l'indépendance commençaient à secouer l'empire colonial français. Jusqu'à la victoire sur l'Allemagne en 1918, les revendications territoriales intéressant la population française concernaient essentiellement l'Alsace et la Loraine.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2.2. Les facteurs de la colonisation sous la Troisième République&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant la troisième république, le clivage entre les partis colonialistes et anti-colonialistes ne recouvre pas les clivages gauche/droite tel qu'on peut se les représenter aujourd'hui : la « gauche » républicaine de la Troisième République, Jules Ferry en tête, défend la colonisation contre la droite nationaliste et royaliste. Quatre facteurs, d'ordres démograhique, économique, idéologique et politique, permettent d'expliquer la seconde phase de colonisation. Jules Ferry, dans un discours devant l'Assemblée Nationale daté du 28 juillet 1885 (cf. annexe 8 - justifications de la colonisation), expose conjointement ces quatre facteurs.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Facteur démographique&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La France est le premier pays à effectuer sa transition démographique, dès le début du XVIIIème siècle. Pour lutter contre les puissances allemande et britannique, la France doit rester forte démographiquement : les Français restent donc en métropole. Dans les possessions françaises, de nombreux colons sont donc d'origine étrangère, comme les Italiens en Syrie.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Facteur économique&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nommé « mise en valeur » sous la Troisième République, le facteur économique n'est pas le plus important. Les colonies jouent en effet un rôle mineur dans l'économie française : elles coûtent plus qu'elles ne rapportent. A ce titre, la théorie développée par Lénine dans l'impérialisme, stade suprême du capitalisme [&lt;a href=&quot;http://etudiants.scienceducation.info/#nb13&quot; name=&quot;nh13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[13] V. LENINE. L'impérialisme, stade suprême du capitalisme. Paris, (...)&quot;&gt;13&lt;/a&gt;], selon laquelle le capitalisme national du XIXème siècle ne permet plus aux classes dirigeantes de dégager un profit suffisant, semble inadaptée à la situation française. Le capitalisme français n'a pas besoin des profits coloniaux pour perdurer.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Facteur idéologique&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Après la révolution française de 1789, l'Eglise commence à concevoir la France comme une terre perdue. L'anticléricalisme de la Troisième République conforte de clergé dans l'idée que son oeuvre missionnaire doit être menée ailleurs qu'en métropole, l'Europe semblant définitivement fermée à son expansion. On assiste alors à un « renouveau missionnaire » : l'Eglise se fixe comme objectif d'évangéliser le monde non-civilisé (hors de la chrétienté, pas de civilisation).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pendant laïque de ce renouveau missionnaire est bien décrit par Rudyard Kipling dans un poème intitulé Le fardeau de l'homme blanc (cf. annexe 8 - justifications de la colonisation) : suivant une vision évolutionniste et scientiste, les élites des puissances coloniales considèrent qu'il est du devoir des sociétés les plus « développées » d'apporter les bienfaits de la « civilisation » aux populations moins avancées. En retour, les sociétés « arriérées » auraient le droit de bénéficier de la civilisation.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Facteur politique&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En terme de politique intérieure, nous avons déjà évoqué le rôle de régulateur social joué par les colonies : les « classes dangereuses » sont sous la menace permanente d'une déportation vers les possessions françaises.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les colonies permettent également de restaurer le prestige de la nation française, terni par les défaites militaires en Europe. Il s'agit de créer une « plus grande France », selon les termes de Jules Ferry, qui ajoute : « rayonner sans agir, c'est abdiquer ». La droite se rallie à la gauche dans la défense de la colonisation lorsque l'argument patriotique prend suffisamment d'importance... lorsque « être patriote » implique nécessairement « être pour les colonies ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La prise de possession de territoire par les métropoles est donc un enjeu important dans la lutte que se livrent les puissances coloniales. Afin de réguler la course aux colonies, la conférence de Berlin de 1884-1885 (cf. annexe 4 - conférence de Berlin) fixe les règles à respecter pour s'approprier de nouvelles colonies : un Etat doit informer les autres métropoles lorsqu'il acquière un nouveau territoire ; pour se déclarer propriétaire d'un territoire, il faut recueillir l'accord des indigènes, sous la forme d'un traité signé par les chefs colonisés. Cette « course au clocher », reposant sur la règle du « premier arrivé, premier servi », provoque un dépeçage accéléré de l'Afrique, et la création de frontières tracées arbitrairement.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;3. La société coloniale&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La société coloniale est composée de nombreux éléments. Les vagues successives de colonisation, les divers types de peuplement et les différences de statuts entre les populations des colonies créent des groupes ou des classes aux droits et aux intérêts divergents. Dans toutes les principales colonies françaises, les colonisateurs de nationalité française sont minoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_' style='float: ; width: 190px;'&gt;&lt;a href='http://etudiants.scienceducation.info/IMG/jpg/tab-4.jpg'&gt;&lt;img src='http://etudiants.scienceducation.info/IMG/vignettes/tab-4.jpg-s.jpg' width='190' height='200' style='border-width: 0px;' alt=&quot;JPG - 105.8 ko&quot; title=&quot;JPG - 105.8 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;tableau 4- L'Empire colonial français à son apogée&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;source : documents diffusés par Marie Salaün dans le cadre du cours de M1-Sciences de l'Education, éducation et colonisation - Semestre 1 (Université Paris 5). Ont été exclus de ce tableau le territoire arabe de Cheikh Saïd (qui n'a jamais été réellement occupé par la France), l'île de Clipperton et les autres terres désertes (Sain-Paul et Amsterdam, Crozet, Kerguelen, Terre-Adélie.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Compte-tenu de cette importante disproportion entre le nombre de citoyens français et le nombre d'indigènes, le système colonial français ne peut pas tenir csimplement au bout du fusil. La stabilité des colonies repose donc, non sur la force militaire, mais sur le déployement d'un ensemble de dispositifs qui permettent aux colons d'adhérer à l'idéologie coloniale, et sur la mise en oeuvre de mécanismes de violence symbolique. Une des fonctions de l'enseignement aux colonies, parmi ces mécanismes, est justement de faire tenir le système colonial.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Sylvain Bellégo</author>
		<dc:date>2005-09-27T06:58:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvain Bellégo</dc:creator>
		
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		<title>Avis personnel</title>
		<link>http://etudiants.scienceducation.info/Avis-personnel.html</link>
		<date>2005-09-20 12:01:30</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Ce livre m'a beaucoup marquée, car pour peu que l'on ait eu à côtoyer des jeunes ressemblant à ceux de Granvelle, ce qui est mon cas, le livre de Stéphane Beaud se lit comme un roman tant le vocabulaire est simple et les situations décrites parlantes. De plus, ce livre m'a paru extrêmement proche cela est certainement dû à l'engagement de Stéphane Beaud sur le terrain allant même jusqu'à aider les jeunes à réviser leurs examens, on a envie de dire qu'il « mouille sa chemise » et que par rapport à certains chercheurs il ne semble pas seulement observateur dans sa tour d'ivoire. C'est probablement ce qui explique l'accueil plutôt favorable qu'il a reçu dans le monde enseignant.
Je me suis sentie concernée car en tant qu'acteur du système, j'ai eu personnellement à « faire du chiffre » comme le dit Stéphane Beaud, c'est-à-dire que les injonctions pour augmenter les taux de passage en seconde générale et en première sous-tendaient toutes les circulaires rectorales consacrées à l'orientation. Si au départ, elles me semblaient légitimes, au fil du temps la confrontation avec les jeunes qui se retrouvaient en échec m'a donné un sentiment de malaise que la lecture de ce livre m'a permis de comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la postface à l'édition de 2003, Stéphane Beaud regrette de n'avoir pas consacré un chapitre aux enseignants et du peu de présence des filles dans cette enquête. Pour ce qui concerne les enseignants, effectivement ce type d'enquête ethnographique dans un tel contexte, est rare. Ils sont souvent appréhendés comme un ensemble homogène ou assimilés à ce que leurs syndicats présentent d'eux. Cette approche aurait pu leur permettre d'exprimer leur vécu individuel de cette politique des 80% mais aussi montrer combien, par exemple, le mode de relation aux élèves peut influencer positivement ou négativement les trajectoires scolaires. On peut faire ici référence à un article de Pierre Périer3 sur les épreuves relationnelles et identitaires du rapport pédagogique où il explique que les enseignants ne sont pas des « acteurs sans consistance qu'une sociologie des inégalités sociales a longtemps négligés ». Ils jouent un rôle majeur dans le style de relation, les normes qu'ils mettent en place dans la classe.
Sur le peu de présence des filles dans l'enquête, Stéphane Beaud donne deux raisons l'une liée à la difficulté de côtoyer les filles dans prises dans un « étroit contrôle social », l'autre liée au fait qu'il était « obsédé » par l'idée de comprendre ce que devenaient les fils et non les filles d'ouvriers. De plus, en tant que chercheur masculin il a voulu se protéger d'un rapport de séduction potentiel dans ce genre d'enquête longue.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question que l'on peut se poser c'est si les filles auraient eu exactement le même discours et si elles expliqueraient leur poursuite d'études au lycée et à l'université avec des éléments rigoureusement identiques à ceux des garçons. Il est probable qu'ils se recouvriraient pour une très grande part, mais il semblerait qu'elles aient un rapport différent aux études lié à leur statut de fille. L'hypothèse que les études longues leur procure un statut particulier en tant que femme peut-être émise. D'ailleurs Stéphane Beaud l'évoque : « les études longues assurent aussi aux filles un espace de négociation de leur statut à la maison ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les conclusions de cette enquête ne sont pas résolument optimistes, mais manquent pas de susciter des pistes de réflexion. Comment favoriser l'acculturation dont Stéphane Beaud fait une condition de la réussite scolaire ? Il y a sûrement à travailler sur cette question au sein de l'école mais aussi à l'extérieur autour de développement de politiques culturelles et de politique de la ville.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Maryvonne Quevauvillers-Chapiro</author>
		<dc:date>2005-09-20T10:01:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maryvonne Quevauvillers-Chapiro</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Les résultats</title>
		<link>http://etudiants.scienceducation.info/Les-resultats.html</link>
		<date>2005-09-20 11:59:16</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
De manière globale, l'enquête a permis de montrer combien le poids des déterminismes sociaux est extrêmement présent et l'égalité des chances encore bien loin.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Grandir dans une cité avec tout ce que cela suppose d'angoisses et de frustrations, dans des conditions sociales difficiles, pendant les « années noires » de crise grave de la société du travail et de l'emploi, ne peut que retentir fortement dans la socialisation de ces jeunes et engendrer un handicap de départ dans la compétition scolaire.
Si la politique des « 80% au bac » s'est montré positive pour les décideurs sur le plan des chiffres, l'enquête révèle un bilan beaucoup plus mitigé.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Effets des « 80% au bac » sur le système scolaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Contraint de répondre aux injonctions venues d'en haut, le système scolaire a été déstabilisé et a réagi en dévalorisant « l'ascèse scolaire nécessaire à la réussite ». Comme le montre l'étude en comparant les deux lycées de Gercourt, si certains établissements ont su faire face en apportant des réponses pédagogiques à l'arrivée de ces nouveaux élèves, d'autres n'ont fait que renforcer la hiérarchisation des filières rendant les conditions de l'adaptation de ces élèves encore plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Effets sur les parents et les enfants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette politique a convaincu les parents que les études allaient permettre à leurs enfants de se sortir des conditions sociales qui étaient les leurs : avoir le bac, accéder à l'enseignement supérieur et ne pas connaître comme eux les vicissitudes du chômage. L'enquête montre à travers un suivi long et minutieux de ces jeunes, que ce n'est pas le cas. Il y a chez ces jeunes énormément de désillusions et d'amertume de leur avoir fait croire à ce mirage et en même temps de culpabilité de n'avoir pas su saisir la chance qui leur été offerte.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'auteur explique que l'acculturation ne s'est pas complètement produite, et qu'ils n'ont pu entrer dans la culture légitime. L'étude des trajectoires scolaires au lycée nous montre combien il leur est difficile d'abandonner la rue, le quartier, le groupe de pairs. Ils se retrouvent ainsi au lycée « exclus de l'intérieur » ou « malgré nous », victimes d'une violence sociale parce qu'en situation de poursuite d'études involontaire. Ils sont en souffrance psychologique, dans « un entre-deux : ni dans la réussite, ni dans l'échec », allant jusqu'à développer une forme d'anti-intellectualisme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'université, un choix par défaut&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce que l'enquête met en évidence à travers le suivi de « quatre copains à la fac », c'est la position particulière de l'université dans l'esprit de ces jeunes. Seule filière à ne pas pratiquer la sélection à son entrée, le 1er cycle universitaire est rarement un choix valorisant mais une orientation par défaut. Les problèmes d'organisation, de pénurie dans les universités renforce les difficultés d'adaptation de ces nouveaux étudiants et contribuent à leur démotivation. C'est notamment cette confrontation avec l'université qui leur fera prendre conscience de leur inadaptation et leur « indignité » et par la même de l'hypocrisie de ce qu'on avait voulu leur faire croire. L'ouverture d'universités plus proches de leurs lieux d'habitation ne résout rien car elle ne favorise pas le brassage social et la coupure avec le quartier, éléments indispensables à l'acculturation universitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les 80% au bac et l'emploi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'enquête auprès de ces jeunes tentant d'effectuer une entrée sur le marché du travail montre que pour autant, ces jeunes en difficulté face à l'emploi, ne se retrouvent pas non plus dans les valeurs ouvrières de contestation syndicale de leurs parents ils « semblent atomisés, dispersés, sans force sociale ». Ils se soumettent aux lois du marché du travail actuel en acceptant des emplois précaires ou comme Nassim et Ferhat, un « emploi jeune ».
Pour Stéphane Beaud, l'analyse des conséquences de cette politique pour les scolaires ne peut se dissocier de l'analyse de l'évolution des conditions de travail et de l'emploi dans cette même période. Le statut ouvrier perd de la valeur dans notre société et l'école a contribué à brouiller les pistes en calquant l'organisation de l'enseignement professionnel sur l'enseignement général en égalisant tous les parcours alors que les hiérarchies sont restées les mêmes, simplement, les processus de sélection ont joué de manière différée. Ce sont ces mêmes jeunes qui, trop content de trouver un travail même « déclassé », vont constituer un vivier d'emploi pour les entreprises, « le titre scolaire fonctionnant comme un brevet de sérieux et d'adaptation » handicapant ainsi encore plus, l'accès des non diplômés à l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les 80% au bac et « l'effet en cascade dans la « cité »&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les jeunes auprès desquels a été menée l'enquête, sont essentiellement d'origine maghrébines. La marginalité sociale que vit cette communauté, le chômage de masse, la déception qu'a engendrée les discours politiques qui sont restés vains, a des conséquences qui expliquent le développement dans « les quartiers » d'une nouvelle génération de jeunes pris dans « une spirale de la violence qui s'alimente de la haine de soi et des autres ». En effet, le témoignage de Malik dans la conclusion nous montre comment ces jeunes à force de désespérance sociale peuvent être la proie de « d'entrepreneurs d'identité arabo-musulmane ». Il rend compte des raisons de « l'inversion de l'ordre symbolique » qui fait qu'ils ne font plus allégeance au pays qui a accueilli leurs parents mais revendiquent la reconnaissance de ces derniers et le « règlement de la dette que la France a contractée à leur égard ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En conclusion, les résultats de l'enquête répondent parfaitement au questionnement de départ, ils apportent des éclairages fins et précis sur les ambivalences de cette politique « des 80% au bac » et permettent de se représenter l'univers mental de ces jeunes qui ont mis beaucoup d'espoir dans cette politique et qui se retrouvent en semi-échec, désillusionnés et amers.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La magnifique phrase de Stéphane Beaud illustre parfaitement l'intérêt de la méthode utilisée et pourrait tenir lieu de résumé de ses objectifs : « montrer en actes les multiples contraintes -matérielles, morales, symboliques- qui ne cessent de peser sur les individus appartenant aux classes populaires, de dénouer les fils invisibles, qui tissés étroitement dans le temps, fabriquent jour après jour les destins scolaires et professionnels de chacun ».&lt;/p&gt;</description>
		<author>Maryvonne Quevauvillers-Chapiro</author>
		<dc:date>2005-09-20T09:59:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maryvonne Quevauvillers-Chapiro</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
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		<title>Méthodologie</title>
		<link>http://etudiants.scienceducation.info/Methodologie.html</link>
		<date>2005-09-20 11:56:27</date>
		<description>&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1) Le terrain et les enquêtés&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'enquête se déroule à Granvelle, quartier HLM de la ville de Gercourt près de Montbéliard. Vivent dans ce quartier des familles ouvrières (OS de l'automobile) dont beaucoup sont issues de l'immigration. La réhabilitation de Granvelle, démarrée dans les années 80, n'a pas touché l'ensemble des immeubles, créant des différences à l'intérieur du quartier et reléguant les familles nombreuses et immigrées dans les secteurs excentrés, accentuant ainsi leur sentiment de relégation. L'enquête a porté sur des lycéens habitant exclusivement ce quartier d'où une surreprésentation d'enfants d'émigrés issus de familles nombreuses et à forte proportion de parents non alphabétisés.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2) L'enquête et ses méthodes&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'agit d'une enquête qui s'étale sur dix ans de 1990 à 2000. L'intérêt de cette durée étant de mettre en parallèle les attitudes individuelles avec les évolutions globales au niveau de l'entreprise, du marché du travail, du champ scolaire local.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plusieurs méthodes ont été utilisées : questionnaires, entretiens approfondis mais, s'agissant d'étudier des destinées individuelles, c'est l'observation ethnographique qui a été privilégiée.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les entretiens avec les jeunes n'ont pas été réalisés au sein des structures scolaires afin de favoriser la distanciation avec l'école et faire émerger des aspects de leur vie de quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Utilisant l'observation ethnographique, l'auteur s'est installé pendant certaines périodes dans le quartier, utilisant des « alliés ». Il explique comment il en a contrôlé les biais en limitant le nombre d'entretiens commentés afin de fournir au lecteur tous les éléments du processus de recueil de données notamment sur ce qui concerne la relation enquêteur/enquêtés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Conscient de sa position de domination culturelle dans la relation avec les enquêtés, il mentionne qu'il est important de noter qu'ils ne montrent pas toutes les facettes d'eux-mêmes et que l'interprétation doit en tenir compte. Pour souligner les perturbations de la « relation sociale » qui s'établit entre enquêteur/enquêtés, il a utilisé le « je » et non le traditionnel « nous » dans le compte rendu.
Dans la conclusion, Stéphane Beaud pose le problème de la généralisation de cette enquête eu égard à la méthode utilisée, il indique que le suivi de trajectoires sur une longue durée laisse apparaître des « processus sociaux structurels qui ont de fortes chances de se retrouver dans d'autres contextes géographiques et culturels ».&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;3) Le compte rendu de l'enquête&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il propose dans un premier temps d'analyser les itinéraires scolaires des collégiens qui sont entrés au lycée afin de mettre en relief la manière dont ils affrontent leur nouvelle situation et « de faire apparaître le désarroi, le coût psychologique, le « bricolage » au jour le jour des carrières scolaires ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans un deuxième temps, il suivra quatre étudiants inscrits en première année de DEUG à l'université la plus proche afin de faire apparaître le décalage entre les attentes de l'institution et leurs « dispositions ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, il suivra le parcours de deux étudiants de cette génération des 80 % face aux incertitudes de l'insertion professionnelle.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;4) Les concepts utilisés par l'auteur&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Massification :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'agit de l'augmentation du taux de scolarisation qui ne s'accompagne pas d'une réduction des inégalités sociales qui en ferait une réelle démocratisation. Démarré au début des années 60 avec un accès à la 6ème facilité, ce phénomène se poursuivra en 1975 avec la réforme Haby et la mise en place du collège unique. La massification atteindra le lycée puis l'université après les années 1985 avec la réforme des 80% au bac, c'est de cette massification dont parle Stéphane Beaud : « on va centrer l'analyse sur la période 1985/1995 qui est le moment historique où s'est effectuée en France la massification de l'enseignement secondaire ». Il reprend le terme de « démocratisation ségrégative » de P.Merle2.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Déterminisme social :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'école est un lieu de reproduction des inégalités entre classes dominantes et classes dominées par le biais d'un enseignement qui s'impose arbitrairement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Inégalité des chances :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sorte de « loi sociologique » qui permet d'expliquer l'échec de la démocratisation et qui s'exerce dans « l'accès au savoir, à l'emploi, aux positions sociales », cette loi se confirme tout au long de l'enquête.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Culture :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce concept est employé dans le sens « bourdieusien » de patrimoine, culture scolaire, culture légitime mais aussi dans le sens d'une subculture. La culture anti-école est développée chez ceux que Stéphane Beaud appelle « les exclus de l'intérieur » c'est-à-dire les élèves les plus « largués » qui manifestent des attitudes fortes de rejet de l'école (absences, insolences...) La culture de rue tient aussi une place importante dans l'univers du quartier et joue comme un attrait pour ces jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Acculturation :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Processus d'acquisition, d'apprentissage de nouveaux codes notamment ceux de la culture légitime. La prise de distance vis-à-vis de son quartier par exemple permet « d'être « pris » dans une logique d'acculturation scolaire et de réaffiliation sociale. » Concept central qui permet de comprendre comment les jeunes issus de milieu défavorisés peuvent accéder à la culture scolaire du lycée ou de l'université : « Cette forme d'acculturation se traduit sur le plan psychologique par une sorte de déblocage, de déclic qui prend souvent la forme, à l'épreuve du contact culturel, d'une plus grande confiance en soi »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Socialisation :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Elle prend un caractère particulier dans une « cité » comme Granvelle où les enfants « connaissent tôt les privations matérielles et l'angoisse des lendemains (qui ne chantent plus), fréquenter les écoles et collèges de ZEP qui résistent plus ou moins à l'anomie environnante, avoir un horizon géographique qui s'est de plus en plus limité au seul quartier, assister à la plongée ou à la déchéance des frères aînés ou des voisins, éprouver le racisme ou diverses formes de discrimination. C'est ce passé qui en se déposant dans le corps et la tête des jeunes finit par constituer un handicap de départ considérable dans la compétition scolaire et dans la course à l'emploi stable »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ségrégation sociale et spatiale :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce concept explique combien ces jeunes socialement marqués sont aussi relégués dans leur quartier et ne peuvent avoir qu'une vision déformée de tout ce qui est extérieur à leurs frontières, d'où la déstabilisation lors de leur entrée au lycée où ils sont confrontés avec « l'altérité sociale ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Violence sociale :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Evoque le concept de violence symbolique de P. Bourdieu, il s'agit de la violence faite à ces nouveaux lycéens que Stéphane Beaud appelle « les dominés des études longues (...) les malgré nous », qui sont mal préparés et désarmés face aux savoirs scolaires qu'on leur impose.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://etudiants.scienceducation.info/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Génération :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les enfants d'ouvriers veulent rompre avec la génération de leur parents et refusent l'idée de prendre le chemin de l'usine : « la fuite des études professionnelles des enfants d'ouvriers peut se lire comme un acte de sécession et de rupture avec l'ordre traditionnel, une manière de résister à l'ordre de l'usine et de s'affranchir du mode de succession des générations. » Ils constituent une seconde génération « la génération des enfants de la démocratisation » très différente de celle de leur parents mais dont certains revendiquent la reconnaissance pour le rôle de ces derniers dans la reconstruction de la France, « ils se sentent en droit de réclamer le règlement de la dette que la France a contracté à leur égard ».&lt;/p&gt;</description>
		<author>Maryvonne Quevauvillers-Chapiro</author>
		<dc:date>2005-09-20T09:56:27Z</dc:date>
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