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Dernière mise à jour :
jeudi 3 novembre 2005






   
Sur le web
Observatoire des inégalités
La fondation de l’Observatoire des inégalités est liée à la conjonction de deux phénomènes : la montée des inégalités, qui ne pose pas uniquement un problème de justice sociale, mais aussi un problème politique ; l’insuffisance dans la collecte et la diffusion des données statistiques sur les inégalités.
La vie non rêvée dans les campings. La dépense de logement selon l'âge Qualité de vie et logement Les homosexuels victimes de discriminations dans leur famille Les "Journées des oubliés des vacances"
BIP 40
Assez de Dow Jones et de Cac 40 ! Pour que la question des inégalités et de la pauvreté prenne enfin la place qui lui revient dans le débat public, le Réseau d’alerte sur les inégalités a mis au point le Bip 40, un baromètre construit sur plus de 60 séries statistiques concernant les différents champs concernés par les inégalités et la pauvreté.
La dégradation de l'asile en France : problèmes de mesure Le taux de refus des demandes de statut de réfugié Niveau record pour les inégalités et la pauvreté Le niveau de vie des salariés : de la « modération » à la régression ? Quand on parle du pouvoir d'achat au 20 heures de France 2
Chap. 2 : Fuir l’école des pauvres
II.4 - Conclusion
samedi 23 juillet 2005
par Sylvain Bellégo

L’étude menée sur le public des deux écoles primaires mitoyennes est une confirmation de l’incapacité des thèses sur le handicap socio-culturel à rendre compte des inégalités de réussite dans un quartier socialement homogène. Elle montre que les facteurs d’échec sont à chercher dans l’institution elle-même. Pourtant, elle n’avait pour but que de mettre à jour le rapport social qui transforme les différences sociales en inégalités culturelles.

L’enquête montre non seulement le caractère normatif de la vision dominante des familles ouvrières et immigrés et la dépréciation de leur mode de vie mais aussi que celles-ci, à travers la fuite et la mobilisation sur place, ont des capacités d’initiative, des ressources intrinsèques qu’augmente une intégration locale.

Le cercle vicieux mis en place par la mauvaise image de l’école et du quartier et les stratégies de fuite qu’elle entraîne freine les efforts pour transformer les Grésillons en zone potentielle de « reconquête » urbaine par des classes sociales plus élevées.

L’enquête ne portait pas sur les contenus d’enseignement. Il y apparaît une prédominance des savoirs généraux sur la culture des métiers. Cet ordre des savoirs implique une légitimation de la hiérarchie sociale où les ouvriers arrivent en bas de l’échelle. L’intériorisation par les enseignants et les familles de cette dévalorisation entraîne une absence de remise en cause de la norme scolaire.

La revalorisation de l’enseignant et de l’enseignement dans les quartiers populaires ne relève pas d’une affaire de modalités de carrière mais d’un projet de société. Cependant, à Gennevilliers, ce sont toujours des enseignants qui s’occupent des luttes scolaires aux niveaux associatifs et politiques. Ils se font les porte-parole des couches populaires et tendent, en parlant en leur nom, à parler à leur place. On s’aperçoit que les organisations ouvrières ont développé leur point de vue sur les questions de formation mais surtout pour l’enseignement professionnel. Les syndicats ouvriers agissent surtout sur leur lieu de travail. Or, à Gennevilliers, les ouvriers n’habitent pas près de leur lieu de production. Cette rupture est une des dimensions d’affaiblissement de la sociabilité ouvrière. A cela, s’ajoute la division des rôles dans la famille. L’école apparaît comme une affaire de femmes. Si la mère ne travaille pas ou ne bénéficie pas de l’expérience syndicale de son mari, le ménage fera confiance à l’institution. La traduction locale des engagements syndicaux et des positions idéologiques se fait donc essentiellement à travers le militantisme politique et les choix électoraux. Quand ce militantisme est de type globalisant et la participation électorale une sorte de délégation de pouvoir, la possibilité d’une intervention plus directe reste soumise au fait que la mobilisation des familles dépend du sentiment d’efficacité des actions collectives.

L’étude montre donc une certaine disposition des forces sociales à l’œuvre dans un quartier populaire et multiethnique. Il serait nécessaire d’approfondir les recherches pour comprendre les enjeux et les obstacles d’un combat local contre l’échec scolaire.


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