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jeudi 3 novembre 2005






   
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La fondation de l’Observatoire des inégalités est liée à la conjonction de deux phénomènes : la montée des inégalités, qui ne pose pas uniquement un problème de justice sociale, mais aussi un problème politique ; l’insuffisance dans la collecte et la diffusion des données statistiques sur les inégalités.
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Assez de Dow Jones et de Cac 40 ! Pour que la question des inégalités et de la pauvreté prenne enfin la place qui lui revient dans le débat public, le Réseau d’alerte sur les inégalités a mis au point le Bip 40, un baromètre construit sur plus de 60 séries statistiques concernant les différents champs concernés par les inégalités et la pauvreté.
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Chap. 1 : L’école aussi produit de l’échec
I.1 - Analyses sociologiques de l’échec scolaire
samedi 23 juillet 2005
par Sylvain Bellégo , Valérie Morice

Les acquis de la sociologie de l’éducation

La notion d’échec scolaire

La définition retenue pour l’échec scolaire est celle proposée dans les années 70 par Isambert-Jamati, pour rendre compte d’un phénomène lié à la massification du système éducatif français : « l’élève qui échoue est celui qui n’a pas acquis, dans les temps impartis par l’école, les nouveaux savoir-faire prévus par les programmes ».

Rapport échec / origine sociale des élèves (1983)

-  Sont entrés en 6ème après avoir redoublé en primaire :

  • 7% des enfants de cadre supérieurs.
  • 49% des enfants de OS et personnel des services.
  • 64% des enfants de manoeuvres.

-  Ont disparition du premier cycle (3 ans après la 6ème) :

  • 50% des enfants de catégories défavorisées.
  • 4% des enfants d’enseignants.

-  Sont orientés en seconde (sans avoir redoublé durant scolarité) :

  • 88% des enfants d’enseignants.
  • 58% des enfants d’ouvriers non qualifiés.

On ne peut donc pas parler d’une réelle démocratisation : les écarts sociaux sont différés par la massification mais finalement conservés.

Dans la sociologie de l’éducation, deux modèles d’analyse s’affrontent. Approche culturaliste : la cause de l’échec est à recherchée dans l’environnement familial. Approche conflictualiste : explication de l’échec par l’analyse des rapports (conflits) de classe.

L’approche culturaliste

L’approche culturaliste consiste à rechercher des liens entre la pratique éducative des parents et la réussite scolaire, afin d’établir des profils familiaux plus ou moins générateurs d’échec.

Problèmes

-  Nombreuses contradictions entre les différentes recherches culturalistes.
-  Les corrélations observées ne permettent pas de distinguer les causes et les conséquences (climat familial et échec scolaire interagissent).

Différentes approches culturalistes

-  Influence du cadre matériel (structuration « souple », « rigide », « très souple » de l’éducation familiale) sur la réussite ou l’échec.

-  Prise en compte du niveau culturel de la famille :

  • Explication par l’orientation culturelle (familles populaires sans ambition, tournées vers le présent / familles classes moyennes ambitieuses, tournées vers l’avenir).
  • Explication par l’héritage culturel légué aux enfants.

Critiques

De fait, l’approche culturaliste refuse de prendre en compte la distance culturelle à parcourir par les enfants des classes populaires, distance d’autant plus importante que la classe considérée est dominée et que l’école s’efforce d’imposer la culture dominante.

Toutes ces études considèrent que les classes populaires portent des valeurs différentes de celles de l’école (inaptitude à s’adapter à l’école).

Ces études reposent sur un ethnocentrisme de classe : les classes populaires sont décrites culturellement en terme de manque, des classes moyennes véhiculant la « bonne culture ».

Finalement, en restant très proches du discours des acteurs, les chercheurs culturalistes reproduisent les jugements de valeur dominants en leur donnant une caution sociologique.

L’approche conflictualiste

Les années années 70 ont vu se développer une critique de l’ethncentrisme de classe pratiqué par certains chercheurs. Ces travaux montrent que les modèles culturels dominants ne sont dominants que parce qu’ils sont ceux des classes dominantes, non parce qu’ils sont naturellement supérieurs.

Ainsi, pour des auteurs comme Bourdieu et Passeron, ou Althusser, l’école a une fonction d’imposition idéologique et de reproduction des rapports sociaux de production.

Objectifs du courant conflictualiste

Le courant conflictualiste « analyse les modèles idéologiques, les valeurs et les normes en vigueur à l’école [pour] constater qu’ils renvoient à des rapports de domination de classe dans lesquels le système scolaire est impliqué ». Les grands travaux de type macrosociologique réalisés dans ce cadre montrent que l’école favorise les classes dominantes au détriment des classes dominées.

Vers une vision moins mécaniste de la reproduction

Certains travaux ultérieurs permettent de modérer ce type de vision trop mécaniste (déterministe) des rapports sociaux à l’oeuvre dans l’école. Il apparaît que la lutte des classes traverse également l’école : les enseignants ne sont pas que des agents au service des classes dominantes, mais aussi des acteurs.

L’école divise

Selon Baudelot et Establet (l’école capitaliste en France), l’école prétend vouloir assurer l’égalité des chances, mais son but réel est de reproduire la structure sociale pré-existante. Le caractère arbitraire des sanctions à l’école favorise cette reproduction (sélection favorable aux élèves socialement proches de l’enseignant).

L’effet d’étiquetage

Les recherches sociologiques des années 70 apportent une confirmation empirique à la notion d’ « effet Pygmalion », en mettant en évidence l’effet d’étiquetage : les attentes du maître (déterminées par sa représentation de l’élève) ont un effet important sur la réussite ou l’échec de l’élève.

La conséquence de ces recherches, c’est que « seuls ceux qui ignorent ces travaux peuvent encore parler de la neutralité sociale de l’école et de ses maîtres ».

Conclusion

Les sciences de l’éducation du début des années 80 se préoccupent du rôle actif joué par l’école dans la reproduction des inégalités sociales. La recherche permet de remettre en cause des solutions proposées par le sens commun pour garantir l’égalité des chances. Les choix politiques concernant l’école doivent donc s’inspirer des résultats de la sociologie, qui permet :

  • d’évaluer les solutions mises en oeuvre
  • de prévoir quelles solutions sont inadéquates

Nous verrons que les enseignants expliquent souvent l’échec scolaire suivant une approche culturaliste, culpabilisante pour les familles, pour ne pas remettre en cause leurs pratiques.

Les acteurs du système éducatif devraient adapter leurs comportements en fonction des résultats de la sociologie. Pour cela, il serait nécessaire d’assurer une meilleure vulgarisation des travaux de sociologiques.


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Forum associé à l'article :
I.1 - Analyses sociologiques de l’échec scolaire
vendredi 24 février 2006
par catherine Mesnier
Je travaille actuellement, dans le cadre du doctorat en sciences de l’éducation, sur les élèves dits " difficiles" en lycée professionnel de zone urbaine sensible. La classe avec laquelle j’ai choisi de travailler( je suis CPE dans cet établissement) regroupe un certain nombre d’élèves orientés par défaut dans la filière suite à un échec scolaire important, problèmes de compréhension, de comportements...Ces enfants, qui subissent depuis de longues années des appréciations et notes essentiellement négatives expriment leur révolte à travers des comportements dits " difficiles’ : incivilités, violence, refus de travailler, absentéisme, perturbations permanentes pour empêcher le cours de se dérouler correctement. Cause de souffrances pour les enseignants et les élèves eux mêmes. En France, l’école est d’abord celle des parents, si les parents ne connaissent pas à l’avance ce qu’il faut faire à la maison pour que l’enfant réussisse, s’ils ne sont pas suffisament disponibles, si leur histoire personnelle est trop difficile à gérer et qu’ils ratent le suivi scolaire de leur enfant en début de scolarité, il est très difficile de rattraper le retard. La plupart des parents d’élèves ’difficiles’ que je rencontre, ont fait confiance à l’école et n’ont pas mesuré l’importance de leur rôle, à un moment donné tout cela leur a échappé et ils n’ont pas mesuré la souffrance de leur enfant. Qui est responsable ? Les programmes fabriqués pour les enfants suivis, l’école qui ne sait pas être suffisament attentive et trouver des palliatifs pour ses enfants là, (finalement, il serait anormal que tous réussissent !), les parents qui font trop confiance aux maîtres, les adultes qui n’alertent pas assez tôt et la société qui y trouve son compte ! ( c’est logique que les enfants d’idiots restent à leur place !) L’école se dit démocratique mais elle reste élitiste, non pas en fonction des milieux dont sont issus les enfants mais en fonction des parents et de la manière dont ils sauront s’adapter aux attentes de l’école ! Il faut sortir les enseignants de leur isolement, leur permettre de travailler ensemble, d’échanger leurs pratiques, il faut absolument les ouvrir aux sciences de l’éducation, dont ils ignorent l’existence, pour donner à leurs missions une valeur humaine et ne pas restreindre leurs connaissances à celles des matières qu’ils doivent enseigner. La psychologie, la sociologie, la pédagogie, l’art d’être celui qui apporte la connaissance, doivent faire partie de leur formation. On le sait tous aujourd’hui, enseigner les mathématiques ou le français ce n’est pas seulement enseigner une matière... il est difficile de réparer en seconde professionnelle les blessures d’une scolarité échouée, surtout lorsqu’on est orienté par défaut, il est difficile d’aider un enfant à panser ses blessures intérieures lorsqu’elles n’ont jamais été traitées, parfois on y parvient lorsque l’enfant exprime le besoin de se reconstruire, mais dans de nombreux cas, il est trop tard pour réconcilier ces jeunes avec l’école et on s’étonne du nombre de jeunes qui quittent l’école sans qualification ! A quand une école qui permette à chacun de se réaliser, avec ses aptitudes, ses incompétences, sans jugement de valeur, sans notes, qui valoriserait des compétences non reconnues actuellement : l’imagination, l’humour, la créativité, l’adresse, la sociabilité, etc... ?

l’échec scolaie c’est d’abord l’échec de l’école

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    I.1 - Analyses sociologiques de l’échec scolaire
    mercredi 15 novembre 2006
    par stephanie

    Je suis tout à fait d’accord avec vos propos, certains parents comptent sur l’école pour éduquer leur enfant.

    Pourquoi dès la primaire, ne pas créer une matière où les instituteurs parleraient librement avec les élèves des problèmes de la vie courante, de leur projet, de leur humeur du jour, de leurs problèmes journaliers... Ceci pourrait aider certains élèves et permettrait en plus aux intituteurs de repérer les élèves en détresse. Stéphanie


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    I.1 - Analyses sociologiques de l’échec scolaire
    vendredi 19 janvier 2007
    par JACKY ARNOLD
    Je suis actuellement en formation universitaire en vue de l’obtention d’un DTSU de formateur. Le thème de mon mémoire est : "l’humour comme outil du formateur, defit salutaire ou risque inutile" . Le sujet étant rarement abordé dans les ouvrages que j’ai pu consulter, je suis à la recherchede références bibliographiques ou thèses, mémoires... s’y rapportant. Merci infiniment aux personnes qui pourront m’éclairer sur ce sujet Jacky ARNOLD

    HUMOUR ET PEDAGOGIE

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