Van Zanten se situe dans une perspective interactionniste, c’est-à-dire un mode d’interprétation sociologique qui s’oppose à la causalité directe et qui présuppose l’instabilité de tout ordre social dans le sens où il est le fruit de multiples interactions.
Interactions :
Mécanismes induits par des « effets de composition » ceux-ci résultant de la réaction d’individus à la situation dans laquelle ils se trouvent ou à la modification institutionnelle de cette situation. Ces effets modifient la situation initiale parfois de façon inattendue créant ainsi des effets pervers.
L’école de la périphérie :
Configuration scolaire spécifique du fait des caractéristiques du public qui la fréquente (enfants de familles des classes populaires marginalisées à forte origine immigrée), de certains traits de son fonctionnement et des relations qu’elle entretient avec le centre. Elle s’oppose à l’école de centre ville ou à l’école rurale.
La dimension spatiale est élément crucial à la compréhension des processus sociaux. L’école de la périphérie subit les conséquences d’une répartition spatiale de plus en plus différentielle des CSP sur le territoire (concentration ouvrière et immigrées dans les banlieues, CSP supérieures dans le centre)
Structuration :
Théorie de Giddens, sociologue anglais, selon laquelle « les propriétés structurelles des systèmes sociaux sont à la fois des conditions et des résultats des activités accomplies par les agents qui font partie de ces systèmes ». Il s’agit d’une vision circulaire de la construction du monde social, où ses dimensions structurantes sont à la fois avant, comme ses conditions, et après, comme des produits de celle-ci. En occurrence ici, en parlant de structuration de l’activité éducative, elle analyse quelles dynamiques se créent entre les orientations sociales globales et les conceptions des acteurs dans les contextes locaux de l’école de la périphérie.
Reproduction :
Evoque l’idée que derrière le spectacle d’une apparente nouveauté, la structure sociale ne se renouvelle pas ou si elle se transforme c’est en conservant ses caractéristiques fondamentales. « L’école ne se contente pas de reproduire les différentiations urbaines mais elle est elle-même productrice de différentiations »
Domination :
Exercice du pouvoir qui permet d’établir des rapports de subordination entre les individus et les groupes. A travers l’école de la périphérie s’exerce des formes spécifiques de rapport de domination via l’école dans la société française contemporaine.
Ségrégation :
Séparation physique et mise à distance sociale forte et visible en contradiction avec les valeurs proclamées de l’idéal démocratique de l’égalité de tous. En occurrence, ici, l’école de la périphérie est-elle productrice d’effets spécifiques en terme d’inégalités et d’exclusions scolaires et sociales ?
Intégration :
Le système scolaire a pour but l’insertion sociale et professionnelle. L’école de la périphérie joue-t-elle encore ce rôle ?
Centralisation/décentralisation :
Le modèle de l’Etat centralisateur garant de l’égalité est en crise, mais l’institution scolaire y est encore soumise alors que la mise en place de la décentralisation ouvre un espace nouveau pour la mise en place de dynamiques locales. Cette situation engendre un malaise chez les professionnels de l’éducation qui sont mis devant des logiques parfois contradictoires.