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Dernière mise à jour :
jeudi 3 novembre 2005






   
Sur le web
Observatoire des inégalités
La fondation de l’Observatoire des inégalités est liée à la conjonction de deux phénomènes : la montée des inégalités, qui ne pose pas uniquement un problème de justice sociale, mais aussi un problème politique ; l’insuffisance dans la collecte et la diffusion des données statistiques sur les inégalités.
La vie non rêvée dans les campings. La dépense de logement selon l'âge Qualité de vie et logement Les homosexuels victimes de discriminations dans leur famille Les "Journées des oubliés des vacances"
BIP 40
Assez de Dow Jones et de Cac 40 ! Pour que la question des inégalités et de la pauvreté prenne enfin la place qui lui revient dans le débat public, le Réseau d’alerte sur les inégalités a mis au point le Bip 40, un baromètre construit sur plus de 60 séries statistiques concernant les différents champs concernés par les inégalités et la pauvreté.
La dégradation de l'asile en France : problèmes de mesure Le taux de refus des demandes de statut de réfugié Niveau record pour les inégalités et la pauvreté Le niveau de vie des salariés : de la « modération » à la régression ? Quand on parle du pouvoir d'achat au 20 heures de France 2
4.Synthèse comparative
lundi 12 septembre 2005
par Valérie Morice

Les trois articles de Michèle Tribalat, Smaïn Laacher, Alain Lenfant et Zaïhia Zéroulou portent sur la réussite scolaire des jeunes d’origine étrangère. Cependant, ces trois études sociologiques traitent ce sujet selon différents points de vue.

Michèle Tribalat fut l’une des premières personnes à s’intéresser à la question de l’immigration. Il est donc logique que son étude soit plus générale. En effet, elle recouvre un large public et prend en compte de nombreuses variables relevant des sphères ethnique, sociale, familiale, migratoire et scolaire. Zaïhia Zéroulou, Smaïn Laacher et Alain Lenfant s’intéressent à des points plus précis concernant la réussite scolaire des enfants d’origine étrangère : l’influence des trajectoires migratoires et l’importance de la PCS, du sexe, de la série et de la nationalité. Les variables prises en compte sont donc moins nombreuses et le public étudié plus restreint. Cependant, tous utilisent le baccalauréat comme indicateur de l’évaluation de la réussite scolaire. Ces trois études, bien que très différentes, montrent toutes la complexité d’une étude concernant la réussite scolaire des jeunes d’origine étrangère. La première difficulté réside dans l’identification des élèves étrangers. Faut-il se baser sur la nationalité ou sur l’origine ? Comment les repérer dans les dossiers si l’enquêteur se fie à l’origine ? La seconde difficulté concerne la sélection des variables à prendre en compte. Est-il possible d’exploiter complètement chaque variable, d’être exhaustif ? Sinon, quelles variables privilégier selon le but de l’étude ? Ce choix ne risque-t-il pas de fausser les résultats ? Michèle Tribalat, Smaïn Laacher, Alain Lenfant et Zaïhia Zéroulou montrent tous que les études sociologiques menées jusqu’à présent sur la réussite des jeunes d’origine étrangère comporte des lacunes. La définition des variables est problématique et, tout particulièrement, l’origine ethnique et l’origine sociale. Zaïhia Zéroulou nous montre que, pour obtenir réellement l’origine sociale d’un élève, il faut s’intéresser à son origine ethnique et aux trajectoires migratoires de sa famille. Les enfants d’origine ethnique commune ne peuvent pas être considérés comme un groupe homogène. Michèle Tribalat montre que l’origine ethnique n’est pas le facteur le plus important car le handicap socio-culturel peut être compensé par la motivation familiale. Smaïn Laacher et Alain Lenfant montrent que les facteurs discriminants devant l’école ne sont les mêmes ni pour les élèves français et les élèves étrangers, ni pour les filles et les garçons d’origine étrangère. Ainsi, chacun met en avant des facteurs importants, déterminants dans la réussite scolaire des jeunes d’origine étrangère en soulignant les manques des études précédentes et la quasi impossibilité d’étudier des groupes homogènes que ce soit d’un point de vue ethnique ou social.

Finalement, la réalisation d’une étude sociologique concernant les jeunes d’origine étrangère semble utopique face au nombre de variables influençant leur réussite scolaire.


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