Les trois articles de Michèle Tribalat, Smaïn Laacher, Alain Lenfant et Zaïhia Zéroulou portent sur la réussite scolaire des jeunes d’origine étrangère. Cependant, ces trois études sociologiques traitent ce sujet selon différents points de vue.
Michèle Tribalat fut l’une des premières personnes à s’intéresser à la question de l’immigration. Il est donc logique que son étude soit plus générale. En effet, elle recouvre un large public et prend en compte de nombreuses variables relevant des sphères ethnique, sociale, familiale, migratoire et scolaire. Zaïhia Zéroulou, Smaïn Laacher et Alain Lenfant s’intéressent à des points plus précis concernant la réussite scolaire des enfants d’origine étrangère : l’influence des trajectoires migratoires et l’importance de la PCS, du sexe, de la série et de la nationalité. Les variables prises en compte sont donc moins nombreuses et le public étudié plus restreint. Cependant, tous utilisent le baccalauréat comme indicateur de l’évaluation de la réussite scolaire. Ces trois études, bien que très différentes, montrent toutes la complexité d’une étude concernant la réussite scolaire des jeunes d’origine étrangère. La première difficulté réside dans l’identification des élèves étrangers. Faut-il se baser sur la nationalité ou sur l’origine ? Comment les repérer dans les dossiers si l’enquêteur se fie à l’origine ? La seconde difficulté concerne la sélection des variables à prendre en compte. Est-il possible d’exploiter complètement chaque variable, d’être exhaustif ? Sinon, quelles variables privilégier selon le but de l’étude ? Ce choix ne risque-t-il pas de fausser les résultats ? Michèle Tribalat, Smaïn Laacher, Alain Lenfant et Zaïhia Zéroulou montrent tous que les études sociologiques menées jusqu’à présent sur la réussite des jeunes d’origine étrangère comporte des lacunes. La définition des variables est problématique et, tout particulièrement, l’origine ethnique et l’origine sociale. Zaïhia Zéroulou nous montre que, pour obtenir réellement l’origine sociale d’un élève, il faut s’intéresser à son origine ethnique et aux trajectoires migratoires de sa famille. Les enfants d’origine ethnique commune ne peuvent pas être considérés comme un groupe homogène. Michèle Tribalat montre que l’origine ethnique n’est pas le facteur le plus important car le handicap socio-culturel peut être compensé par la motivation familiale. Smaïn Laacher et Alain Lenfant montrent que les facteurs discriminants devant l’école ne sont les mêmes ni pour les élèves français et les élèves étrangers, ni pour les filles et les garçons d’origine étrangère. Ainsi, chacun met en avant des facteurs importants, déterminants dans la réussite scolaire des jeunes d’origine étrangère en soulignant les manques des études précédentes et la quasi impossibilité d’étudier des groupes homogènes que ce soit d’un point de vue ethnique ou social.
Finalement, la réalisation d’une étude sociologique concernant les jeunes d’origine étrangère semble utopique face au nombre de variables influençant leur réussite scolaire.