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jeudi 3 novembre 2005






   
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BIP 40
Assez de Dow Jones et de Cac 40 ! Pour que la question des inégalités et de la pauvreté prenne enfin la place qui lui revient dans le débat public, le Réseau d’alerte sur les inégalités a mis au point le Bip 40, un baromètre construit sur plus de 60 séries statistiques concernant les différents champs concernés par les inégalités et la pauvreté.
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2.2. De la nécessité de préciser quelques termes
lundi 12 septembre 2005
par Elodie Boisfer

1. Langage et langue : deux notions qu’il ne faut pas confondre

Définitions extraites de G. MOUNIN, Dictionnaire de la linguistique, Paris, Puf Quadrige, 2ème édition, 1995.

-  Langage : L’aptitude observée chez tous les humains à communiquer au moyen des langues. Ou bien l’ensemble des toutes les langues humaines considérées dans leurs caractères communs. Ou encore, improprement, dans l’usage des philosophes, l’aptitude à communiquer même avec d’autres systèmes que les langues naturelles (=fonction symbolique). Ou enfin l’ensemble de tous les points de vue descriptifs ou explicatifs, concernant tous les aspects, linguistiques, psychologiques, sociologiques, sémiologiques, idéologiques, sous lesquels on peut considérer les langues.

-  Langue : Tout système de signes vocaux doublement articulé, propre à une communauté humaine donnée. En linguistique, l’allemand littéraire, l’allemand de Souabe, l’alsacien, le breton, le créole de la Guadeloupe, sont des langues au même titre. On n’a pas intérêt à nommer langue ou langage un système de communication humain (peinture, musique, cinéma, etc.) ou animal (abeilles, dauphins, etc.) dont on n’a pas démontré qu’il est structuré comme les langues humaines.

2. Le bilinguisme : une notion qui doit être précisée et explorée

-  Bilinguisme : Le fait pour un individu de parler indifféremment deux langues : Il est parfaitement bilingue : son père est Anglais et il est né en Angleterre. Egalement coexistence de deux langues dans la même communauté, pourvu que la majorité des locuteurs soit effectivement bilingue : on peut parler de bilinguisme espagnol-catalan pour la Catalogne espagnole. Certains sociolinguistiques américains réservent le terme bilinguism à la première définition seulement, et utilisent diglossia (diglossie) pour le bilinguisme des collectivités [1].

Remarque : Il nous semble nécessaire ici, de mettre en évidence les différents enjeux sous-tendus par cette définition et le terme de bilinguisme et lui-même.

Nous nous réfèrerons à l’article d’A. Tabouret-Keller paru dans le même numéro que ceux servant de support à cet exposé [2].

La question du bilinguisme se révèle être le lieu d’un ensemble d’enjeux :

  • les enjeux politiques : choisir une langue comme langue officielle d’un pays n’est pas un acte anodin. Elle devient alors « un instrument d’unification de l’Etat, et symbole de l’appartenance à l’unité que cet Etat représente. (Exemples : le choix de François 1er et la signature de l’édit de Villers-Cotterêts en 1535, mais aussi la Loi 101, qui en deux étapes 1974 et 1977 fait du Français la langue officielle du Québec).
  • Les enjeux idéologiques : selon le point de vue choisi, le bilinguisme peut être considéré comme un inconvénient (on prendra pour exemple le cas du Pays de Galles au cours du 19ème siècle : le bilinguisme aggravait alors les inégalités sociales, puisque seule l’élite pouvait être bilingue aisément du fait de son éducation, tandis que les moins favorisés ne maîtrisaient finalement pas correctement la langue socialement reconnue), ou un avantage, si l’on se réfère à l’opinion populaire du moment qui considère le fait d’être bilingue comme un atout majeur, gage de la connaissance et de la maîtrise d’une double culture (ce qui n’est pas toujours vrai : on peut parfaitement maîtriser une langue, sans rien connaître de la culture de ceux pour qui il s’agit d’une langue maternelle).
  • Les enjeux économiques : maîtriser la langue officiel du pays où l’on vit, est « le premier moyen de l’ascension sociale, bien qu’il n’en soit pas le seul. [3] » De plus en France aujourd’hui, la maîtrise d’une voire deux autres langues, se révèle un atout majeur dans la course à l’emploi : il s’en suit alors un choix judicieux à faire, certaines langues étant plus valorisées que d’autres [4].
  • Les enjeux symboliques : Par symbolique, A. Tabouret-Keller « entend le fait que les langues représentent des valeurs qui découlent précisément des enjeux qui viennent d’être examinés, politiques, économiques et idéologiques [5] ».

3. Ethnographie et ethnologie

cf. http://www.mcc.gouv.qc.ca/pamu/cham...

-  Ethnographie : Étude descriptive du mode de vie des divers groupes humains, de leurs caractères anthropologiques, sociaux et culturels, à partir de données d’observation et d’entrevues recueillies sur le terrain.

-  Ethnologie : Étude théorique des groupes humains décrits par l’ethnographie qui, par l’analyse et l’interprétation des matériaux collectés, vise à dégager les lois particulières qui définissent la spécificité d’un groupe (macro ou micro) ethnique. L’ethnologie a pour objet l’étude du patrimoine des sociétés et se particularise par sa méthode qui fait appel à l’observation directe et au relevé d’enquêtes sur le terrain.

4. Utilisation d’une notion ethnographique : le phénomène de transculturation

-  Transculturation : Processus par lequel des communautés régionales, marginales, subordonnées ou en position de minorité empruntent certains matériaux à la culture nationale, dominante, métropolitaine ou majoritaire et les remodèlent selon leur propre usage. La notion de transculturation s’oppose à celle, plus ancienne, d’acculturation par lequel une culture en situation de faiblesse ou de minorité est absorbée par une culture dominante au nom de la modernité. La transculturation au contraire permet d’entrer en dialogue créatif ou environnante avec la culture dominante ou la culture d’accueil, en adoptant certains de ses traits dans un processus d’évolution non plus de disparition et en exerçant même une influence sur elle [6].

5. De la nécessité de se protéger face à l’adversité

-  Mécanisme de défense : Un mécanisme de défense est un processus inconscient et donc incontrôlable, dont la matérialisation est souvent figée et compulsive [7]. Ex : cesser de parler sa langue maternelle, car cela renvoie à un vécu trop douloureux.

[1] G. MOUNIN, Dictionnaire de la linguistique, Paris, Puf Quadrige, 2ème édition, 1995

[2] A. TABOURET-KELLER, « La question du bilinguisme », ENFANCE, Tome 45 n°4, Paris PUF, 1991, p.275.

[3] ibid.

[4] L-J CALVET, Pour une écologie des langues du monde, Paris, Plon, 1999

[5] A. TABOURET-KELLER, « La question du bilinguisme », ENFANCE, Tome 45 n°4, Paris PUF, 1991, p.276.

[6] cf. Dictionnaire International des Termes Littéraires

[7] A. VASQUEZ, « Le bilinguisme chez les enfants d’exilés, affectivité et stratégies d’identité », ENFANCE, Tome 45 n°4, Paris PUF, 1991, p.286.


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