Définitions extraites de G. MOUNIN, Dictionnaire de la linguistique, Paris, Puf Quadrige, 2ème édition, 1995.
Langage :
L’aptitude observée chez tous les humains à communiquer au moyen des langues. Ou bien l’ensemble des toutes les langues humaines considérées dans leurs caractères communs. Ou encore, improprement, dans l’usage des philosophes, l’aptitude à communiquer même avec d’autres systèmes que les langues naturelles (=fonction symbolique). Ou enfin l’ensemble de tous les points de vue descriptifs ou explicatifs, concernant tous les aspects, linguistiques, psychologiques, sociologiques, sémiologiques, idéologiques, sous lesquels on peut considérer les langues.
Langue :
Tout système de signes vocaux doublement articulé, propre à une communauté humaine donnée. En linguistique, l’allemand littéraire, l’allemand de Souabe, l’alsacien, le breton, le créole de la Guadeloupe, sont des langues au même titre. On n’a pas intérêt à nommer langue ou langage un système de communication humain (peinture, musique, cinéma, etc.) ou animal (abeilles, dauphins, etc.) dont on n’a pas démontré qu’il est structuré comme les langues humaines.
Bilinguisme :
Le fait pour un individu de parler indifféremment deux langues : Il est parfaitement bilingue : son père est Anglais et il est né en Angleterre. Egalement coexistence de deux langues dans la même communauté, pourvu que la majorité des locuteurs soit effectivement bilingue : on peut parler de bilinguisme espagnol-catalan pour la Catalogne espagnole. Certains sociolinguistiques américains réservent le terme bilinguism à la première définition seulement, et utilisent diglossia (diglossie) pour le bilinguisme des collectivités [1].
Remarque : Il nous semble nécessaire ici, de mettre en évidence les différents enjeux sous-tendus par cette définition et le terme de bilinguisme et lui-même.
Nous nous réfèrerons à l’article d’A. Tabouret-Keller paru dans le même numéro que ceux servant de support à cet exposé [2].
La question du bilinguisme se révèle être le lieu d’un ensemble d’enjeux :
cf. http://www.mcc.gouv.qc.ca/pamu/cham...
Ethnographie :
Étude descriptive du mode de vie des divers groupes humains, de leurs caractères anthropologiques, sociaux et culturels, à partir de données d’observation et d’entrevues recueillies sur le terrain.
Ethnologie :
Étude théorique des groupes humains décrits par l’ethnographie qui, par l’analyse et l’interprétation des matériaux collectés, vise à dégager les lois particulières qui définissent la spécificité d’un groupe (macro ou micro) ethnique. L’ethnologie a pour objet l’étude du patrimoine des sociétés et se particularise par sa méthode qui fait appel à l’observation directe et au relevé d’enquêtes sur le terrain.
Transculturation :
Processus par lequel des communautés régionales, marginales, subordonnées ou en position de minorité empruntent certains matériaux à la culture nationale, dominante, métropolitaine ou majoritaire et les remodèlent selon leur propre usage. La notion de transculturation s’oppose à celle, plus ancienne, d’acculturation par lequel une culture en situation de faiblesse ou de minorité est absorbée par une culture dominante au nom de la modernité. La transculturation au contraire permet d’entrer en dialogue créatif ou environnante avec la culture dominante ou la culture d’accueil, en adoptant certains de ses traits dans un processus d’évolution non plus de disparition et en exerçant même une influence sur elle [6].
Mécanisme de défense :
Un mécanisme de défense est un processus inconscient et donc incontrôlable, dont la matérialisation est souvent figée et compulsive [7]. Ex : cesser de parler sa langue maternelle, car cela renvoie à un vécu trop douloureux.
[1] G. MOUNIN, Dictionnaire de la linguistique, Paris, Puf Quadrige, 2ème édition, 1995
[2] A. TABOURET-KELLER, « La question du bilinguisme », ENFANCE, Tome 45 n°4, Paris PUF, 1991, p.275.
[3] ibid.
[4] L-J CALVET, Pour une écologie des langues du monde, Paris, Plon, 1999
[5] A. TABOURET-KELLER, « La question du bilinguisme », ENFANCE, Tome 45 n°4, Paris PUF, 1991, p.276.
[6] cf. Dictionnaire International des Termes Littéraires
[7] A. VASQUEZ, « Le bilinguisme chez les enfants d’exilés, affectivité et stratégies d’identité », ENFANCE, Tome 45 n°4, Paris PUF, 1991, p.286.