Nous avons montré, en nous appuyant sur des analyses abordant le rapport des jeunes à la lecture sous des angles différents, que la « lecture » est un objet d’étude complexe. Enjeu de débats passionnés et de représentations contradictoires, cette activité mérite d’être considérée dans toute sa complexité : il s’agit à la foie d’une activité contrainte et de loisir, d’un outil de libération et d’enfermement du lecteur dans certains modèles de pensée et de réflexion, d’un moyen de favoriser l’accès de tous à la culture et d’une composante du capital scolaire de l’élève. Dans le cadre d’une étude sur les jeunes et la lecture, il faut éviter de se prononcer sur ce que doit être la « bonne lecture ». La définition retenue pour le terme « lecture » est donc « appropriation de tout support écrit » plutôt que « lecture d’un livre ».
Pour construire notre questionnaire, il faut également tenir compte de la façon dont les jeunes se représentent la lecture : lorsqu’ils sont interrogés, ils ont tendance à « oublier » leurs lectures considérée comme illégitimes, et à ne tenir compte que des livres qu’ils ont lus, à l’exclusion des autres types de support écrit. Vu la définition que nous retenons pour la « lecture », nous devrons en tenir compte.