
Avant d’envisager les méthodes à mettre en oeuvre pour répondre à notre problématique, il est nécessaire de bien en définir l’objet principal : la lecture. Le CDI est généralement identifié à un lieu de lecture, bien qu’il remplisse de nombreuses autres fonctions. Dans un article consacré à l’analyse de l’évolution du volume des emprunts réalisés dans le CDI de son collège, Jean Marc Thérouanne explique : « pour parvenir à des résultats sans cesse croissants, le documentaliste doit définir une stratégie de séduction afin de stimuler l’appétence d’apprendre et de découvrir » [Jean-Marc THEROUANNE, 1997]. Autrement dit, une des fonctions du CDI est d’inciter les élèves à lire, et le moyen d’y parvenir est d’aiguiser leur goût pour la lecture. Au coeur d’une institution qui utilise la coercition pour « faire travailler » les élèves, le CDI serait donc le cadre d’une éventuelle réconciliation entre les jeunes et la lecture... le lecture étant elle même liée à l’apprentissage et à la découverte, à la « culture ».
Il convient donc d’aborder la lecture en tant que pratique culturelle, d’évoquer les débats dont elle est l’enjeu, et d’énoncer les multiples sens qui peuvent lui être attribués. L’objet de notre étude ainsi construit, nous exposerons rapidement les résultats de quelques études menées par des sociologues sur les pratiques de lecture des jeunes.