
« 80 % d’une génération au bac » : ce mot d’ordre, lancé en 1985 comme objectif de l’enseignement secondaire français, fait l’objet d’un consensus politique, satisfaisant le progressisme de la gauche enseignante et le pragmatisme des gouvernements qui ont vu là un moyen de juguler le chômage de masse des jeunes. Ce slogan a nourri les espoirs d’une possible promotion sociale pour les enfants de familles populaires, en particulier immigrées, dans un contexte d’insécurité économique et sociale croissante. Dans ce livre nourri d’une enquête de dix années, Stéphane Beaud raconte, à travers les portraits de jeunes d’un quartier HLM à forte composante immigrée, les illusions et les désillusions de ces « enfants de la démocratisation scolaire », engagés dans la voie incertaine des études longues. Il montre comment ils ont dû déchanter alors qu’ils se voyaient peu à peu relégués dans les filières dévalorisées du lycée et du premier cycle universitaire. L’auteur met ainsi en lumière l’ambivalence de la politique volontariste de démocratisation scolaire : d’un côté, une élévation globale du niveau de formation et une forme de promotion sociale pour certains et, de l’autre, un coût moral et psychologique important, voire dramatique, pour ceux qui se retrouvent fragilisés par leur échec universitaire et confrontés au déclassement social.
source : Editions La Découverte

Il nous faut tout d’abord rappeler que l’école maternelle telle que nous la connaissons aujourd’hui est le fruit d’une profonde mutation de la société française. Jusqu’en 1881, l’accueil des enfants de moins de six ans est assuré par les salles d’asile dont l’objectif est la garde et l’hygiène des tout petits. Leur rôle est d’ordre exclusivement sanitaire et social. Sous la IIIème République, l’institution scolaire destinée aux jeunes enfants acquiert durablement l’appellation d’« école maternelle ».
L’avènement d’une nouvelle terminologie n’est jamais neutre. La naissance du terme « école maternelle » découle d’une représentation nouvelle de l’enfant véhiculée par la psychologie de l’enfant, dont l’essor date précisément de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle. La revendication d’une approche scientifique du jeune enfant, formulée par Pauline Kergomard, inspectrice générale des écoles maternelles de 1879 à 1917, a été entendue. Si l’objectif de garde persiste, l’école maternelle est dès lors placée, de manière explicite, dans le cadre de l’enseignement primaire dont elle constitue les fondements.
Les représentations n’étant pas figées dans le temps, leur évolution reflète celle de la société et, concernant l’école maternelle, celle de groupes sociaux particuliers. Si la préscolarisation dans les écoles maternelles publiques après 1945 se caractérise par une généralisation de type quantitatif, c’est son extension auprès des classes supérieures qui va leur faire subir des transformations notables. L’évolution de la clientèle de l’école maternelle et la transformation de ses objectifs, et des activités qui y sont valorisées sont en effet allées de pair.
Aujourd’hui, l’école maternelle se différencie des autres institutions chargées de la petite enfance de par son rattachement au ministère de l’Education nationale et de son statut particulier qui est spécifié dans les programmes scolaires. On retrouve cependant des similitudes dans les objectifs pédagogiques et les visées éducatives poursuivis par les différentes structures de la petite enfance. Les enseignants tout comme les professionnels de la petite enfance dans les structures collectives privilégient le développement de l’enfant ainsi que ses activités réflexives. Ce qui diffère alors, c’est leur cadre institutionnel et fonctionnel. Ces similitudes sont moins apparentes dans le cadre de l’accueil du jeune enfant chez une assistance maternelle. Le rôle de cette dernière s’apparente plus à un accompagnement maternant dans la réalisation des tâches et dans le quotidien, les fins éducatives poursuivies ne sont pas tout à fait les mêmes que dans les collectivités.
Parce que nous partageons la thèse de Philippe Perrenoud concernant la « distance toujours possible et même inéluctable (qui existe) entre l’intention d’instruire et ses effets, et même entre le parcours éducatif rêvé et l’expérience effective des apprenants », nous baserons notre analyse sur la différence qu’il fait entre le curriculum formel (c’est-à-dire prescrit donc intentionnel), le curriculum réel (les apprentissages et les expériences que vit l’élève en classe) et le curriculum caché (c’est-à-dire les apprentissages qui ne sont pas explicitement formulés et voulus comme tels, mais qui font néanmoins partie intégrante de l’expérience de l’apprenant).

Synthèse de deux articles portant sur la question du bilinguisme.
Les auteurs :
Ana Vasquez : Ancien professeur de psychologie de l’éducation à l’Université du Chili, Ana Vasquez vit à Paris depuis 1974 où elle est chercheuse au CNRS (Unité de recherche en sociologie de l’éducation). Spécialisée dans l’approche ethnographique, elle a notamment publié de nombreux travaux sur les processus de socialisation et de transculturation étudiés à travers l’intégration des enfants d’étrangers à l’école française.
Christine Desprez-de Heredia : Professeur au sein du département de Linguistique Générale et Appliquée de l’Université Paris 5, Christine Desprez y est notamment la responsable de la Maîtrise de Français Langue Etrangère, où elle dispense des cours relatifs aux rapports qui s’instruisent entre langue et identité, langue et identité culturelle.
Gabrielle Varro : Sociolinguiste et chercheuse du CNRS, elle mène notamment des travaux de recherches sur le bilinguisme et la transmission familiale des langues et des parlers (en collaboration avec C. Desprez et autres chercheurs), au sein du laboratoire Printemps, de l’Université de St Quentin en Yvelines.

Cet ouvrage est le compte-rendu d’une étude sociologique menée sur les relations entre les enseignants, les familles et les élèves dans le quartier populaire des Grésillons, à Genevillier (Seine-Saint-Denis), au début des années 80. les auteurs s’interrogent sur les représentations des divers acteurs, sur les formes de mobilisations familliales et scolaires, et sur les responsabilités en matière de production d’échec et d’inégalités.
Vous trouverez dans cette rubrique la fiche de lecture réalisée par Valérie et moi-même, dans le cadre du cours sur la socialisation des jeunes immigrés ou issus de l’immigration, dispensé par Mme Angela XAVIER DE BRITO.

Cet ouvrage est né d’une profonde insatisfaction concernant les discours en vigueur sur la scolarisation en banlieue. Tout semble avoir été dit et pourtant des dimensions essentielles de l’action politique et administrative ainsi que de l’expérience des différents acteurs qui y travaillent quotidiennement restent dans l’ombre.
SOMMAIRE :
source : Presses universitaires de france


Synthèse de trois articles portant sur la réussite scolaire des jeunes d’origine étrangère.
A propos des auteurs :
Michèle Tribalat est démographe. Elle est entrée à l’INED, Institut national d’études démographiques, en 1976, après des études en démographie. Elle avait pour tâche de travailler sur les questions de l’immigration jugées délaissées par le conseil scientifique. Elle s’est s’intéressée à l’apport démographique de l’immigration étrangère en France et à l’intégration ou assimilation des immigrés et de leurs enfants. Elle fut membre du Haut-Conseil à l’intégration en 1999 et 2000. Elle est membre du comité de soutien français au Mouvement des étudiants pour la démocratie en Iran.
Smaïn Laacher est sociologue. Il est chargé d’études et membre associé au Centre d’études des mouvements sociaux (CEMS), laboratoire du CNRS et de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS). Il est également professeur de sociologie à la Faculté libre des sciences de la communication à Paris et chargé d’enseignement à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. Il est également juge assesseur représentant le Haut Commisariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à la Commission des recours pour les réfugiés (CRR).
Alain Lenfant est socio-économiste. Il est chercheur associé au centre de recherche éducation et formation (CREF) dans l’axe de recherches « Ecole : crise, terrains sensibles ». Il est coordinateur de filières au Centre d’Education Permanente (CEP) de l’Université Paris X.
Zaïhia Zeroulou est sociologue. Elle est enseignant-chercheur à l’université de Lille I. Elle fait partie du Centre Lillois d’Etudes et de Recherches Sociologiques et Economiques (CLERSE) où elle participe au programme « Techniques, Mobilisations, Cultures ».


Dans le cadre de l’enseignement de documentation, j’ai réalisé un travail de recherche lors d’un stage de 5 semaines au Centre de Documentation et d’Information (CDI) du collège Félix Esclangon, à Viry Chatillon : les collégiens et le CDI, une étude par leurs pratiques de lecture.
En synthétisant plusieurs travaux de recherche concernant la lecture, les CDI, ou les bibliothèques publiques, puis en m’appuyant sur une enquête par questionnaire, je montre qu’il est possible d’analyser les pratiques de lecture des élèves pour expliquer leurs représentations et leurs usages du CDI.


Plaisir et souffrance : c’est entre ces deux pôles qu’oscillent les enseignants dans l’exercice quotidien de leur pratique. Comment comprendre leurs difficultés ? Comment les aider à développer leurs capacités pour aborder ce métier si risqué au plan psychique ? Cet ouvrage nous entraîne dans un voyage au cœur de l’univers enseignant. Pour nous guider, l’auteur offre le fil rouge de son itinéraire personnel. Nous découvrons au travers d’un récit vivant et sensible une théorisation qui renouvelle les analyses issues du courant Pédagogie et Psychanalyse. L’auteur ouvre de nouvelles pistes pour accompagner les enseignants vers de possibles espaces de liberté.
Cette fiche de lecture a été réalisée par Aurore et moi-même dans le cadre du cours intitulé "conflits psychiques", dispensé par M. Bernard PECHBERTY. Elle s’accompagne d’un commentaire personnel.


Résumé :
L’école de la Neuville est une école dite « nouvelle » par rapport aux institutions scolaires traditionnelles. Le livre L’école avec Françoise Dolto nous raconte la vie de cette école : sa création, ses principes et ses pratiques pédagogiques. Il nous décrit également l’influence de Françoise Dolto et d’autres personnes comme Fernand Oury dans cette école.


En cherchant à relier étroitement orientations théoriques et recherches de terrain, on analysera quelques « objets » de la sociologie de l’éducation contemporaine. La notion de « socialisation » sera privilégiée car elle permet de faire la liaison entre les différents champs de recherche.
Les étudiants seront répartis en trois groupes autonomes, sous la direction des trois enseignants. Seront ainsi objet d’analyse :

L’autorité est en crise : ce constat, qu’il concerne la famille, l’école, l’entreprise ou l’État, relève aujourd’hui du sens commun. Mais qu’est-ce que l’autorité ? La réponse n’est pas si évidente. Pour Gérard Mendel, elle impose le détour par l’histoire. Tel est le premier propos de ce livre ambitieux, où l’auteur met en évidence, de l’Inde à l’Afrique, de l’Antiquité aux Temps modernes, un socle anthropologique commun : pour prendre en charge les peurs primaires de la vie, chaque société a interposé, lors des socialisations de l’enfance, la médiation d’une autorité protectrice, au prix de l’obéissance volontaire. Mais les formes de cette médiation ont beaucoup varié : dans les sociétés traditionnelles, la communauté exerce une autorité de type parental ; dans les sociétés des Temps modernes, c’est la figure du père qui incarne l’autorité. Aujourd’hui, en Occident, à l’heure du déclin de la société patriarcale, ni la communauté ni le père ne permettent plus d’apprivoiser suffisamment nos peurs archaïques, et c’est l’une des raisons profondes de la crise de l’autorité. Mais on ne reviendra pas en arrière. Ce serait alors à la démocratie de socialiser un peu plus l’éternelle enfance dans l’homme, ses peurs et sa fuite devant le réel - une enfance qui, heureusement, est aussi à la source de toute création.
Voici la fiche de lecture que j’ai réalisée dans le cadre de l’enseignement intitulé "Conflits psychiques", dispensé par M. Bernard PERCHBERTY. Elle se compose d’un résumé de la première partie de l’ouvrage, "les figures de l’autorité", ainsi que d’un commentaire personnel.